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 le PARLER DIALECTAL

de BOUVRON 

et de LOIRE-ATLANTIQUE

(HAUTE-BRETAGNE)

 

suivi de

 

TOPONYMIE BRETONNE

en LOIRE-ATLANTIQUE 

 

 

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Ces pages sont un complément du site http://www.bouvron-haute-bretagne.fret reprennent les travaux de

  

Hervé Tremblay

agrégé de grammaire 

                           professeur de Lettres Classiques au lycée Clemenceau, à Nantes,                                

auteur d'une thèse sur les noms de lieux et l'histoire de la Loire-Atlantique

  

Les textes qui suivent ont ainsi été composés d'après  

 

Remarques sur le parler roman et les noms de lieux du Nord-Ouest

 

de la Loire-Atlantique    article paru dans La Bretagne Linguistique en 1991 
 
 

 Dictionnaire des noms de lieux de Bouvron paru en novembre 1994

 

 
Noms de lieux et itinéraires anciens en Loire-Atlantique paru en 1996
 


 

 

et Le Patois de Bouvron (glossaire et grammaire) paru en avril 1999.

 

 
 
Pour la transcription phonétique, on se reportera provisoirement à ces divers ouvrages.
 
Les textes suivants ne peuvent être repris ou cités sans la mention de l'auteur et du site.
 
 
 
voir également les sites suivants:
tremblay.herve.monsite-orange.fr/
bouvron.histoire.monsite-orange.fr/
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TABLE
 
 
Première partie:    LEXIQUE
Deuxième partie:  PHONÉTIQUE
Troisème partie:    MORPHOLOGIE
Quatrième partie:  HISTOIRES en PATOIS
Cinquième partie: DIALECTE et TOPONYMIE en LOIRE-ATLANTIQUE
Sixième partie:      ANCIEN BRETON et TOPONYMIE en LOIRE-ATLANTIQUE
 
 
 
 
_____________________________________________________________________________________
 
 
PREMIÈRE PARTIE 
 
 
LEXIQUE
 
 
Ont été ajoutés dans ce lexique des toponymes d'origine dialectale figurant dans les cadastres de diverses communes du département.
 
 
 
 
A [a] Elle. A veut pas fronmeu sa goule.
À + infinitif. N'y aveu teurjou ben du monde à coure par le bourg dès à matin; laisse donc les garsailles à dormir un  p'tit. Hieur ou saye, Gus i n'aveut que de n'pas résteu oussi longtemps et i s'en sreut revnu ben pus vite.
À, expression d'un lien parental. Le gars à Gus, ça s'reut son hon-me à yelle qu'a n'le grongn'reu pas gueure de moins.
À MATIN  Ce matin
ABAS (D') D'en bas, d'ici-bas. Fréquent dans la toponymie de Bouvron: le clos d'abas, le courtil d'abas, le jardin d'abas, le pré d'abas, le pont d'abas; il entre en opposition avec du mitant et d'ahaut, notamment pour les gagneries (voir le Dictionnaire de Bouvron p.15).
ABEUILLER Aboyer. Pouve chien, core à abeuyeu !
ABEUJÂTIS s.m. Truc, machin.
ABEURIER Mettre à l'abri. Abeurieu un tas d'biétes en mettent d'la litieure par en-d'sus.
ABEURVÂ s.m. Abreuvoir. Ce nom se retrouve dans la toponymie avec des hésitations orthographiques: labreuvoyr, l'abrevâ, la breuvouer, la breva, labrevas entre autres graphies au XVIIIe siècle (Dictionnaire de Bouvron p.15)
ABOUTER Aboutir, borner. Ce verbe se retrouve dans la microtoponymie sous la forme du participe présent aboutant suivi de la préposition sur: la gagnerie de ty aboutant sur le chemin ( Dictionnaire de Bouvron p.15).
ACAS (D') À verse. La piée tombe d'acas.
ACHALÉ (ÊTRE -) Avoir chaud. Te v'là ben achaleu, taye, dés à matin, en bras de cheminze.
ACHALER Réchauffer
ACOEURÉ Essoufflé. D'euyou v'n'ous à éte acoeureu conme ça ?
AFFAIRE DE D'MÊME s.f. Une telle affaire, - de la sorte. À taye oussi, c'est donc un-ne affaire de d'mein-me qui t'est arrivée; v'là ç'que ç'teut d'fréquenteu du monde de d'mein-me.
AFFAÎTER Constituer le sommet  d'un pailler ou d'un mulon.
AFFIER Récolter, faire venir à maturité des légumes ou des fruits. As-tu affieu tes patates ?
AGETER Acheter. Va fallar qu'j'ajeute des pois pour le dîneu.
AGLAND s.m. Gland. On trouve Le bois de l'agland qui doit désigner un bois où l'on envoyait des porcs à la glandée; existent aussi les Prés de l'agland (Dictionnaire de Bouvron, p.16)
AGUYON s.m. Aguillon pour toucher, piquer les boeufs, lorsqu'on les conduit par devant.
AHAUT (D')  D'en haut, de là-haut. S'oppose à Abas. Ainsi, on retrouve l'expression dans le microtoponyme Le bois du roty au reage d'ahaut. En Bouvron, les gars d'ahaut désignent les habitants des villages de la frairie de Villée, au nord-ouest de la commune, par opposition aux habitants de la frairie de Borsac -la Couëronnais (Dictionnaire de Bouvron p.16).
AIDER (S'EN) Faire agir à sa convenance. Depé qui s'est min-ye à bare, a n'peut s'en aideu.
AJAMBÉE s.f. Enjambée.
ALENTOUR Autour de Il est core alentour des bétes, c'te fi d'garne de chien. Sapreu Michâou, toujous alentour des con-naissances.
ALITRÉE s.f. Croûte formée par la surface d'une terre frappée par la pluie et durcie par la sécheresse.
ALLE Elle
ALLER SUR Se dit à propos de l'âge. I s'en va sus ses soixante ans.
ALLIER s.m. Alisier Nom présent dans la toponymie: le Clos de l'allier (Dictionnaire de Bouvron p.16)
AMAIN s.m. Convenance; sens. À mon amain, à ton amain. Enleuve don ton caraco, tu l'a pas prin-ye dans l'bon amain-ye.
AMENER Apporter. Ameune-meu le coin d'beu-re sus la tabe.
AMEUILLE s.f. Pis de vache.
AMEUILLE Se dit d'une vache prête à vêler et dont le pis est gonflé de lait.
AMUSER Faire perdre le temps. J'eu pas pu v'nir pus vite; Gus m'a core amuseu avec ses rammanchements.
AMUSERIES s.f. Distractions (péjoratif). Les siens qui préchent sus les marcheus avec lou réclames, c'est reuyen qu'des amuseries pour prendre les sous ou monde.
AMIN-YE s.m. Ami
ANDEIN s.m. Rangée d'herbe fauchée.
ANDEINER Mettre du foin en sillon.
ANEU Aujourd'hui.
ANIANTER (S') Paresser. J'm'aniante, je n'fais pus reuyen, je tourne, je vire; c'est-i pas pitieu de s'var con-me ceula à nous âges !
ANILLE s.f. Béquille Vers 1870, Littré écrivait "Anille se dit encore, dans la Loire-Inférieure, pour béquille".
ANVAYE s.m. Orvet. Si l'anvaye verrait / Et le sourd entendrait / Y'aurait pus person-ne sus la terre.
AOUTEFAYE (D') Autrefois.
APEURCHER Approcher
APIANIR Aplanir
APIATIR Aplatir
APOUETTE s.f. Étais pour soutenir des branches d'arbre notamment.
APPÉ  Le mot s'oppose à de bas. On le retrouve dans la toponymie. Ainsi, en La Chapelle-Launay, on rencontre La Rue d'Appée [larudapé] et La Rue de bas. D'appé doit être un équivalent d'ahaut, rappelant olpé signifiant "hauteur, colline, sommet", à partir du  latin podium; J.-P. Chauveau signale la locution adverbiale olpé "en montant, en haut".  Bien que d'origine différente, la forme dialectale de la préposition depuis est depé ou dpé en Bouvron. En 1469, on lit les deux formes dupuz et dape concernant le lieu Le Puits d'appé (Dictionnaire de Bouvron p.17). On retrouve ce mot dans la toponymie des communes suivantes: en Blain, pré d'Appé; en Bouvron: les friches d'Appay, le puits d'Appé, courtil d'Appé; en Pontchâteau: la haie d'Apée (prononcer: laêdapeuye); en Saint-Étienne: les champs d'Appé; en Quilly: courtil d'Appey.
APREUYER Transformer en pré une terre labourable
APREUYI s.m. Terrain qui vient d'être transformé en pré, qui vient d'être apreuyé. C'est probablement ce mot que l'on retrouve dans le toponyme les Appréis.
ARMONNA s.m. Almanach.
AROU s.m. Long sillon de foin qui servira pour constituer un mulon.
AROUER Faire des arous.
ARRICOTER Agacer quelqu'un; avoir du mal à faire quelque chose. I n'arreute point d'arricoteu autour de yelle.
ARRIVE (COUP D') Coup de chance. Tu parles d'un coup d'arrive; n'y aveu qu'maye à attende mon tour; ça fait que je seus passeu guére pus des onze heures.
ASSEUYER Essayer
ASSOLIDER Consolider
ATTAQUE (ÊTRE D') Être en pleine forme. "Beuvez un bon coup d'éou d'vie l'matin-ye et vous s'reu d'attaque pour la journée, qui m'a dit l'meudcin-ye", v'là c'que j'eu répéteu à ma bon-ne fein-me de r'tour du meudcin. Mais c'est qu'alle a pas v'lu l'entende d'la meinme ouraille: "Si c'est ça qui t'a don-neu conme meudcine, j'm'en vâs t'en don-neu un-ne âoute pour t'rembon-nir la goule". Et alors, qu'é qu'a t'a don-neu, la patron-ne ? Un bon coup d'balaye sus la téte, vu que, qu'a m'a dit, ça freut mieux passeu ma tisain-ne d'éou d'vie.
ATTRAPANT Dans une locution négative: de caractère peu facile. Faut dire qu'i n'teut gueure attrapant n'y a core pas ben longtemps.
ATTRAPE-SOT s.m. Attrape-nigaud.
AUCUNE PART (EN -) Nulle part. Je l'eu pourtant hucheu et je l'eu trouveu en aucun-ne part.
AUVALE s.f. Boîte pour les rations de nourriture du cheval.
AVANCER À Réussir. Don-ne meu don ta châousse, t'avances point à la rhabilleu. C'est un niant, i n'avance à reuyen.
AVANGER Avancer dans le travail.
AVAR , AVAYE Avar. Mieux vaut en avar pus qu'moins.
AVETTE s.f. Abeille Ce mot se rencontre dans la microtoponymie: Le Courtil des avettes. (Dictionnaire de Bouvron p.19)
AVIENT Convient, va bien M'est avis que ça li avient con-me un-ne tré à rainmeu des pois.
AVISER (S') Se rendre compte.A s'est point aviseu quand qu'il li a dit qu'a n'aveut qu'à faire attention à yelle.
À nous âges, on s'avise pus gueure de reuyen.
AVORTE s.f. Scion d'un arbre.
AVOUILLETTE s.f. Petit entonnoir de bouteille ou pour faire les boudins.
 
 
B
 
BACHE s.f. Bauche, partie d'un bois-taillis que l'on coupe. Ce nom est bien présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.22)
BACOEURER Souffler pour se reposer.
BACUL s.m. Partie arrière d'un tombereau, qu'on enlève, pour le mettre à cul.
BAILLÂOU s.m. Curieux. Toujous à r'gardeu à lou f'nétes, les baillâou.
BAILLERIE s.f. Beuverie.
BALAYE s.m. Genêt.
BALLINE s.f. Sorte de couette d'avoine faite de balles d'avoine.
BALLOTTE s.f. Petite balle pour jouer. Va don joueu à la ballotte avec ta seu.
BALUCHE s.f. Arête de poisson.
BALUSEOU s.m. Baliveau
BARRER Fermer à clé une porte.
BAS (PRÉ -) s.m. Pré humide
BASSINÉE s.f. Contenu d'un bassin ou bassine. Un-ne bassinée d'légumes.
BAT-DE-LA-GOULE s.m. Bavard. Quel bat-d'la-goule ! Toujous à prêcheu ou monde. Rabats-li don sa goule.
BAT-DRAP s.m. Battoir de laveuse.
BATISSE Jean-Baptiste.
BATTERIE s.f. Contrée de battages réunissant plusieurs villages.
BATTOU s.m. Homme faisant les battages.
BAUDE s.f. Génisse.
BAUDET s.m. Veau.
BÉCHI s.m. Pièce de terre bêchée pour la première fois. Ce nom est bien présent dans la toponymie sous les formes Béchais, Béché, Béchi et Béchy (Dictionnaire de Bouvron p.23).
BEL (ÊTRE EN -) Être à même de, apte à, libre de.
BENTÔT, BENTOU Bientôt; presque.
BÉOU Beau
BERDELLES s.f. Bretelles
BÈRE s.f. Petit bras de rivière marécageux, mare. On rencontre ce nom en Guenrouët dans le toponyme suivant, sur le bord de l'Isar: la Berrandré, prononcé [labèlandré]. On trouve sur le cadastre une forme qui confirme la prononciation: la belle andrée. Mais cette graphie concerne le toponyme sur la rive sud de l'Isar, tandis que sur la rive nord on rencontre la forme: la Berrandré. Il s'agit bien d'un même lieu séparé d'abord par la rivière, et aujourd'hui par le canal. André est l'anthroponyme qui se retrouve dans une pièce voisine appelée le bois andré; et en 1627, un même document mentionne une "piece de terre située pres les boys andrez (...) pré appellé la baire andré". Voir aussi à "Boire".
BERIEURE s.f. Bruyère
BEROUÉE s.f. Bruine. Ce nom est présent dans la toponymie, sous la forme Brehouée, pour désigner une mare, un lieu près d'une mare ou un lieu marécageux. La brehouée correspond à la bruine que l'on peut observer souvent au-dessus des milieux humides. C'est sans doute aussi ce nom qui est à l'origine du toponyme La Berouéssieure, près de la fontaine St Victor (Dictionnaire de Bouvron p.43-44).
BEROUETTE s.f. Brouette
BEROUETTÉE s.f. Brouettée.
BEROUETTER  Brouetter. Beurouéte don ta terre putôt que d'précheu.
BÉSANT (PAS -) Pas de bonne humeur. Il est point bésant depé quéques jous.
BÉSER Attraper; boire. J'irâs ben var les filles, mais c'est l'freud des pieuds qui m'bése. Du coup, j'vâs béseu un-ne fillette de bianc.
BÉSILLÉ s.m. Arbre à bésilles, dans la toponymie de Malville: le Besillé [lebeuzillé]
BÉTE s.f. Vache. Les bétes, c'est con-me le monde, pus tu lou en don-nes à mangeu, pus c'est difficile. Un marchand d'bétes.
BEU s.m. Boeuf.
BEUCHE Maladroit. Es-tu don beuche.
BEUCHER Bêcher.
BEUGUIN s.m. Ver de terre.
BEUILLE (AVAR DE LA -) Avoir un ventre proéminent.
BEUILLÉE s.f. Se dit de quelqu'un qui a bien mangé et bien bu. J'l'eu vu ou bourg dés à midi; il aveut déjà un-ne bon-ne beuillée.
BEURDOUILLE Brouillon.
BEURNASSOUS Sale.
BEURRÉE s.f. Tartine beurrée; état d'ivresse. Veux-tu un-ne beurrée d'confiture ? Il en a prin-ye d'un-ne beurrée, le saye de ses noces !
BEURSILLER Cligner des paupières; emploi figuré aussi. J'vâs pas longtemps veilleu avec vous, j'con-mence à beursilleu dur. I va éte temps d'la changeu, la chandelle beursille.
BEURSOIN Étourdi.
BEURZIN-YE s.m. Haricot blanc.
BEUTUNNER Priser du tabac.
BEUZILLE s.f. Poire sauvage.
BÉZIER s.m.  Poirier sauvageon. Nom présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.25)
BICHER Commencer à lever, en parlant de légumes ou plantes.
BICHETRÉE s.f. Petite portion de nourriture, petite cuillerée ou miette. Si tu veux pas d'éte malade, mange à p'tites bichetrées putôt qu'à grandes goulées. Don-ne li don à mangeu à p'tites bichetrées, ça passera ben mieux.
BIÉ s.m. Seigle; blé se dit grain.
BIÉ NAYE s.m. Blé noir.
BIETTE s.f. Blette, betterave fouragère.
BIGER Embrasser.
BIGERIE s.f. Embrassade, baiser. "Mais tais-teu don ! Les jun-nes, méseu, ça s'connaît point l'matin-ye, et l'saye s'en est es bigeries. Et core, et core, quand ça va pas pus lin-ye. Dainme, mes gars !".
BIGNON, s.m. Source, fontaine. Bien présent dans la toponymie de: Avessac, Blain, Bouvron, Campbon, Fégréac, Guenrouët, Plessé, Pontchâteau, Quilly, Saint-Gildas-des-Bois, Saint-Nicolas-de-Redon, Savenay, Vay.
BIGOT s.m. Ver, dans la nourriture avariée, ou dans les fruits.
BIGOTOUX Véreux. Un-ne pon-me bigotouse.
BIHOLÉE s.f. Petite charretée.
BIQUETON s.m. Chevreau
BISNOGORGE s.m. Loustic
BISNOGORGETTE s.f. Féminin du précédent.
BOBICHON s.m. Petit couvercle ou bouchon.
BOCAU s.m. Bocal.
BODIN s.m. Boudin Quand tu chonges qu'i falleu, d'noute temps, d'mandeu la peurmission ou cureu pour mangeu les bodin-ye pendant l'Carein-me !
BODINERIE s.f. Cuisine de boudins.
BOGUILLONS s.m. Débris de céréales.
BOIRE s.f. Mare. Terme présent dans la toponymie de Guenrouet, près des marais de Brivé, désigne aussi une mare près de l'Isar, dont l'orthographe alterne "boire / baire"; ainsi, en 1641 "la bayre de landruet", en 1658 "un petit pré appelé la boire du maçon" et en 1784 "un petit canton en terre et isle appellé anciennement le Redoué et maintenant la petite Baire", déjà en 1565 "du redouet" qui pourrait être composé à partir de "douet". Le nom boire se retrouve dans le toponyme La Bimboire en Bouvron (Dictionnaire de Bouvron p.26) en Savenay avec la Bien Boire, en Guenrouet près de l'Isar  avec le "moulin de la Bimboüere" attesté en 1671, la Bimboire en Orvault, la Bien Boire en Vigneux jouxtant le Pré fontaine et le Marais.
BONNES GENS Exclamation. Mes bon-nes gens ! n'en v'là core du monde point gueure attrapant.
BORD (DE L'AUTRE -)  De l'autre côté; euphémisme pour trépasIl est passeu d'l'âoute bord.
BOSSI s.m. Éminence de terrain. Attesté dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.39).
BOTTEREAU s.m. Sorte de beignet.
BOUAINNER Se dit d'un taureau qui beugle et agite la tête de côté.
BOUCHON D'ÉCUELLE s.m. Chiffon pour essuyer ou nettoyer.
BOUÉE s.f. Touffe d'arbrisseaux ou de fleurs. Un-ne bouée d'sâouzes.
BOUILLER (FAIRE -) Faire faire du bruit à des poêles, à la Saint-Jean par exemple. Faire bouilleu les poâles.
BOUILLON s.m. Endroit boueux. Représenté en toponymie, et dès le XVe siècle (Dictionnaire de Bouvron p.40)
BOUINER (SE -) Se cacher.
BOULA s.m. Bouleau.
BOUQUÉ (ÊTRE -) Bouder.
BOUQUER (SE -) Se mettre à bouder.
BOUQUETS DE MARS s.m. Primevères
BOURDER S'embourber.
BOURRÉE s.f. Fagot d'épines pour chauffer le four à pain.
BOURRIER s.m. Poussière; mauvaises herbes dans un jardin. Peut avoir une valeur affective: mon p'tit bourrier, expression tendre d'une mère pour son enfant. J'eu enl'veu l'bourrieu des fraisieu.
BOURRIN s.m. Cheval.
BOURSÉE s.f. Somme d'argent. Il seut ben euyoù cacheu sa boursée quand i touche ses allocations.
BOURTIFAILLE s.f. Variante de Boustifaille.
BOUSINE s.f. Vessie de porc.
BOUSOUS Terreux.
BOUTAILLE s.f. Bouteille. Le cul d'la boutaille.
BOUTER Ce que fait la taupe édifiant une taupinière.
BOUTIQUE s.f. Intelligence. C'est trop fort pour ta boutique, tu n'comprendras reuyen.
BOUTIQUER Faire, fabriquer. Qu'est-ce que tu boutiques à ragaleu dans l'gueurnieu à longue de temps ?
BOUVARDE s.f. Vache stérile. Je chonge que ma vache a tourneu bouvarde vu qu'a fait pus d'baudets.
BRAIE s.f. Boue, vase se déposant au fond des mares. Toponyme en Guenrouët les Braies [lébrêye] lieu-dit légèrement encaissé près du canal.
BRASSÉE (PRENDRE À -) Saisir des objets en grande quantité.
BRASSÉE (À GRANDE -) Se dit d'une activité faite avec rapidité mais sans minutie.
BRIGNON s.m. Brugnon.
BRIGNOTER Grignoter.
BRINNÉE s.f. Portion de nourriture pour animaux.
BRO s.f. Fourche à deux doigts.
BROCHE s.f. Aiguille à tricoter.
BROSSE s.f. Pièce de terre en broussailles. Terme fréquent en toponymie, notamment au pluriel (Dictionnaire de Bouvron p.45)
BROU s.m. Lierre.
BRU s.m. Bruit
BRÛLÉ MAIGRE Très maigre.
BÛCHELIER s.m. Coffre ouvert en bois pour ranger des bûches et fagots près de l'âtre.
BUÉE (FAIRE LA -) Faire la lessive.
BUFFER Souffler; par métaphore, se plaindre. Arréte don d'buffeu !
BUFFET s.m. Soufflet.
BUSSÉ Meurtri; se dit aussi d'un fruit abîmé pour avoir été heurté. Vous mettrez les pon-mes bussées dans un tas pour faire du cite, les pon-mes cueillées dans un peunieu.
BUSSER Meurtrir; abîmer un fruit en le heurtant. Cueille don point les pares à grande brassée con-ne ceulà, tu vâs m'les busseu.
BUSSON s.m. Buisson. Bien représenté dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.45)
BUSSURE s.f. Petite meurtrissure sur la peau comme sur un fruit. Tu vas quand mein-me pas t'piainde pour un-ne bussure d'la sorte !
BUT s.m. Moment prévu du vélage.
 
C
 
CAILLIBOTES s.f. Fleurs sauvages blanches poussant, au printemps, dans les prés humides.
CALOT s.m. Gros morceau de pain.
CAMISOLE s.f. Vêtement léger porté sur ou sous la chemise.
CAINNEÇON s.m. Caleçon.
CARNIBO s.m. Petit cabanon.
CARPÂYER Choir; trépasser.
CARPILLÂOU (À -) Accroupi.
CARRIQUELLE s.f. Petite charrette.
CARTE s.f. Cartable.  L'méte d'école dit qu'i faut qu'le p'tit met sa carte sus son dos quand i s'en r'vient.
CAS (EN - QUE) Dans l'éventualité où. Barre don la porte, en cas qu'ça s'reut cette-là-te qui d'mande des sous ou monde, qui vienreut à passeu par là.
CAS (PAS PRENDRE - DE) Ne pas faire cas de. J'li eu dit qu'sa bon-ne fein-me alleut avec lou vayesin-ye quand li il éteut à travailleu; i n'en a pas pris cas; vantié qu'i l'saveut.
CASSE s.f. Petit récipient en terre cuite, terrine.
CASSIETTE s.f. Casquette. Mets don ta cassiette vu l'soulaye qu'i fait aneu.
CASTILLES s.f. Groseilles à grappes.
CASTROLE s.f. Casserole.
CASTROLÉE s.f. Contenu d'une casserole.
CAUSE (À - QUE) Du fait que. À cause que l'monde veulent toujous core pus d'sous.
CAVE s.f. Mare. Nom présent dans la toponymie; au moins trois mares portent ce nom (Dictionnaire de Bouvron p.54)
CHÂ Tombé. Il est châ dans l'éou.
CHADEURDON s.m. Édredon.
CHAGALER Agacer; remuer en tous sens.
CHAILLOT s.m. Caillou Présent dans la toponymie avec le qualificatif blanc (Dictionnaire de Bouvron, p.49)
CHAINTRE s.f. Bordure non cultivée d'un champ qui permet aux attelages de tourner. Nom bien représenté dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron, p.49)
CHAIRE s.f. Chaise. Prends don un-ne chére et siéte-teu, ou lieu d'résteu chonmeu; tu'as ben l'temps.
CHAMBERLAIN s.m. Parapluie.
CHAMPBOUTER Mettre sens dessus dessous.
CHAPÉOU s.m. Chapeau.
CHAQUE Chacun Ça s'ra chaque voute tour d'essueu la vaisselle.
CHADEURDON s.m. Édredon
CHARIBOTER Déranger.
CHASSE (EN -) En chaleur. Les vaches sont en chasse.
CHATOUILLOUX Chatouilleux.
CHATTE s.f. Chenille.
CHAUD Ivre
CHAUD-REFEURDI s.m. Chaud et froid, refroidissement.
CHÂOUSSES s.f. Bas, chaussettes. Rhabilleu des châousses.
CHEMINZE s.f. Chemise.
CHENEL s.m. Conduit d'eau. Nom que l'on retrouve dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.57).
CHÉRE Choir, tomber.
CHÉRÉOU s.f. Passage pour les charrettes dans le bout d'un champ; variante de Chaintre (Dictionnaire de Bouvron p.49)
CHÉRETTE s.f. Charrette.
CHEROYER Charroyer.
CHÉRUE Charrue.
CHERUER Charruer, labourer
CHEURIER Charrier.
CHEURTÉ s.f. Charretée; toute grande quantité. N'y aveut toute un-ne cheurtée d'monde à lou féte.
CHIFER Chiffonner. Tu vâs core chiffeu ta robe: a s'ra toute chiffée.
CHINER Quémander; demander à plusieurs reprises. Toujous à chineu quéques sous à sa marain-ne.
CHOHON s.m. Partie de poitrine du porc.
CHOLER Enlever des feuilles aux choux.
CHOMMÉ Debout. Restez don pas chonmeu dans la porte.
CHOMMÉ (ÊTRE MAL-) Se dit d'un corps trop grand qui se tient mal. Avous vu le sien de galant à la vayezine ? Alle a pas d'quaye se redeurseu con-me a fait, avec un grand mal chon-meu con-me ceuti-là.
CHOMMER (SE -) Se mettre debout.
CHONGER Songer, penser. Chonge don que j'eu yu mille miséres à m'en aideu de toute la riciée. Tu chongeus pas gueure dans maye quand tu'as parti es colonies.
CHOU DE POMME s.m. Chou pommé.
CHOUÂOU s.m. Cheval.
CHOUSE s.f. Chose. V'là core d'âoute chouse: un-ne grand piace reuyen qu'pou les autos ou mitant du bourg, manqueut pus qu'ça !
CHUPE s.f. Partie supérieure; crête.
CIMITIÈRE s.m. Cimetière.
CISÉOU s.m. sg. Ciseaux. Don-ne meu don ton ciséou que j'coupe la cifelle.
CITE s.m. Cidre. Est-i bon ton cite !
CITE (PETIT -) s.m. Cidre de seconde qualité fait à partir d'eau et de marc de pommes, produit lors des années de faible récolte de pommes.
CLAIE s.f. Barrière de champ, de pré. Fron-me don la syâ. Présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.58). Voir à SIÂ.
CLÉ DE BARRIQUE s.f. Robinet de tonneau.
CLOS s.m. Champ, pièce de terre enclose, caractéristique du bocage, s'opposant aux champs ouverts des gagneries. Terme omniprésent dans la toponymie; le Dictionnaire de Bouvron en relève plusieurs centaines, caractérisés par un autre nom de lieu ou un nom de famille (Dictionnaire de Bouvron p.59 à 69). voir à SIOU.
CLOSE s.f. Morceau de terre en lande ayant été récemment clos.  Beaucoup moins fréquent que le clos en toponymie. (Dictonnaire de Bouvron p.70). Voir à SIOUSE
COCOTIER s.m. coquetier.
COÉFE s.f. Coiffe.
COEUR (QUE DIT LE - ?) Comment ça va ?
COIN DE BEURRE s.m. Portion de beurre posée sur une table.
COLLATION (FAIRE -) Prendre son goûter.
COMBEN QUE Combien. Comben d'verres que tu vayes devant taye ? j'voudrâs ben savar si t'es oussi chaud qu't'es rouge.
CONMEUDIEN s.m. Nomade, bohémien. J'eu vu des conmeudiens par dans l'bourg. Va don t'laveu la goule, on direut un vraye conmeudien.
COMÈTE s.f. Sabot entièrement en bois. 
COMMANDOU s.m. Commandeur, par dérision. 
COMME Que. Tu'es oussi fou conme li. Y'a pas pus béte conme de li dmandeu ça
COMME DE Outant conme de rien
COMMUN s.m. Terrain commun à des villageois. Présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.71-72) 
COMPREUNOUÉRE s.f. Cerveau, intelligence. Il a la comprenouére bouchée. 
COMPTE (FAIRE  - DE) Être décidé à. I f'zâ compte de v'nir dés à matin-ye, mais je chonge que c'est putôt pour d'rissiée
CONMEUNIER Communier. 
CONMEUNION s.f. Communion. 
CONNAISSANCE s.f. Petite amie; toute jeune femme, par dérision. J'eu vu l'gars à Pelot avec sa con-néssance; ça s'bige et ça s'bige, mes garsailles; en tout cas, pendant c'temps-là, ça braye point et ça fume point. Dainme, mes gars, c'est ben un travail pour des con-néssances, que de v'lar conmandeu la politique ! et noute ministe du travail, tu parles d'un-ne con-néssance ! 
CONNAÎTRE Être capable de. Con-nais-tu faire marcheu noute auto ? 
CONSCRIT(E) s.m./ s.f. Personne née la même année. Le repas des conscrits a lieu tous les cinq ans; tiens, v'là noute conscrite ! 
CONTRE Près de On le retrouve dans le toponyme Le pré contre l'aubier (Dictionnaire de Bouvron p.73) 
COQUE s.f. Partie d'une plaie dont le sang est caillé. 
COQUÉ Se dit de quelqu'un qui a des coquesArréte don de t'gratteu, tu vâs d'éte tout coqueu. 
CORE Encore 
CORNIÈRE s.f.  Angle, coin. Présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.72) 
COSSE s.f. Petite meule de foin laissée sur le terrain. Mette le fin-ye en cosse.
COTILLONS s.m. Jupes et jupons.
COUASSE s.f. Poule qui ne cesse de couver.
COUBE s.m. Couple, paire; deux. Un coube de jours.
COUCOU s.m. Variété de fleur sauvage à clochettes.
COUÉE s.f. Couvée. 
COUER Couver.
COUI Se dit d'un oeuf gâté.
COUINER, COUIGNER Gémir; au figuré, crisser. I couigne depé à matin-ye rapport que j'li ai pas don-neu à bare du lait asseu châoud. La porte fait que d'couineu, mets-li don d'la grésse.
COULÉE s.f. Petit vallon où s'écoule un ruisseau; le ruisseau lui-même. Présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.74)
COUP s.m. Fois. Dainme, que m'aye j'li dis core, de ç'coup-là, j'm'en vâs à m'en alleu. À chaque coup que j'li d'mande. Un coup qu'il ont eu fini. Un coup rentreu, a li a passeu un-ne saprée tournée, c'est maye qui vous l'dis.
COUP (VOIR LE - QUE) Voir le moment où; craindre que. J'veuyâ l'coup qu'il alleu pus pouvar partir.
COURBE s.f. Une des quatre pièces recourbées, en bois, placées à un coin de la charrette. Un-ne chérrétte à courbes.
COURE Courir. Alle est toujous à coure apreu l'monde; du coup, i fait qu'dire apreu yelle. Point la pein-ne de coure d'méseu pour alleu ou bourg; d'un coup d'vélo, t'es vite rendu. On peut point dire qu'i use sa maison, il est toujous à coure par les routes.
COURGASSE s.f. Arbre étêté dont on coupe les branches à certaines époques. Représenté dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.75). Le suffixe -asse paraît associé à l'évocation de parties de l'arbre ou à certaines de ses variétés. Ainsi, l'adjectif arognassé "rugueux, en parlant d'un tronc"; les noms féminins bornasse "creux dans un arbre", ecorlasse "lambeau d'écorce", pelasse "peau, écorce"; on peut citer aussi le nom féminin pérasse "poirier sauvage" (Dictionnaire de Bouvron p.12). En Notre-Dame-des-Landes existe un lieu appelé les Écourgasses.
COURSE (D'UNE -) D'un trait. A sont allées tout d'un-ne course ou bourg.
COURSER Courir après. I fait que d'courseu les poules.
COURT (COUPER AU -) Prendre un raccourci. Coupe ou pus court et tu s'ras vite chez yelle.
COURTE s.f. Sillon plus court que d'autres. Présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.75)
COURTIL s.m. Jardin près de la maison. Environ trois cents lieux portent ce nom, le plus souvent complété par un nom de famille ou un autre toponyme (Dictionnaire de Bouvron p. 75-78)
COURTILLON s.m. Petit courtil. Présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.78-79)
COUTEU s.m. Côté, façon; parenté. D'un couteu, on peut point dire qu'il est pas un bon garsaille, d'un âoute couteu, i s'creut core trop. A n'a inviteu qu'son couteu à yelle.
COUVÈRE s.m. Couvercle.
CRASSOUX, CRASSOUSE Crasseux, crasseuse.
CRAYE-SAN s.m. Voir Croissant.
CRÊTE ROUGE (AVOIR LA -) Être éméché.
CREURE (SE -) Se croire, faire des embarras. Depé qu'i s'est min-ye à ragaleu dans les vieux papieus pour trouveu sa parenté de dans l'temps, i s'creut un grous monsieur, meinme qu'i s'est min-ye un-ne bague ou daye avec un-ne sorte de biason; depé c'temps-là, ça s'creut-i, mes garsailles !
CREUX Profondément. Ne beuche pas trop creux.
CRI Quérir, chercher.
CROC s.m. Outil recourbé à trois ou quatre dents fines.
CROCHÉ Plié. Tiens-teu don dreut, sinon tu vâs d'éte tout crocheu.
CROCHER (SE -) Se plier, se tordre.
CROISÉE s.f. Carrefour, croisée de chemins. Présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.79)
CROISSANT s.m. Outil pour élaguer les haies.
CROPETTE (À -) CROUPETTE (À -) À croupetons.
CROTTOUX Crotté.
CROUILLER Fermer une porte à clé.
CROUSTON s.m. Croûton de pain.
CUEILLÉ Cueilli. Des ponmes cueillées, ça s'conserve teurjous mieux qu'les ponmes tombées.
CUISINE s.f. Quantité d'aliments nécessaire pour un repas. Va don ramasseu un-ne cuisine de beurzin-ye pour à midi, ça fra l'dîneu.
CUL (METTRE À-) Abaisser la charrette par la partie arrière. Mets la chérette à cul.
CURER Nettoyer. Cureu la pyace.
CURETTE s.f. Aiguillon pour piquer les boeufs quand on laboure; bâton servant à nettoyer le soc de charrue.
 
 
D
 
DAME Interjection pour renforcer un propos, exprimer une impatience;  de la résignation, une hésitation.      Vai, dame ! dame sya ! ben dame ! Ah dainme mon vieux, va vantié fallar faire attention méseu. Mais dainme, c'est conme tout, ça finit par s'useu: dainme, que v'l'ous, à c't'heure. Qué que t'en chonges , dainme, je seu-t-i maye ?
DANS (SONGER -) Penser à. Dans quaye chonges-tu ? Je chonge dans noute dein-rnieu dîneu; j'avâs chongeu dans vantié un poulet pour à midi. J'eu oussitôt penseu dans vous quand i m'a dit qu'il aveu besoin d'un valet.
DARD s.m. Longue faux pour couper le foin.
DAVANT (PAR -) Devant.
Par un jou de Penticoute
En allant m'y confesseu
À genoué conme tous les âoutes
Par davant monsieur l'cureu.
I m'a d'mandeu: "Ma fille
Êtes-vous mariée ou non
Êtes-vous la domestique
Ou la fille de la maison.
Car, si vous êtes la domestique,
Vous aimerez le valet."
Jainmé d'ma vie j'n'avâs yu tant de honte,
Je chongeâs qu'il le saveut.
DAYE s.m. Doigt Pas pus grous qu'un daye.
DE (N'AVOIR QUE -) N'avoir qu'à. Ren qu'de var le monde chonmeu su lou porte, t'as qu'd'alleu li d'mandeu de pas li coure après.
DE (PENSER -) Envisager de. Qu'est que tu penses d'ageteu ou marcheu ?
DE RISSIÉE Cet après-midi. Que faisous d'rissiée ? V'nous, d'rissiée ?
DE SAYE Ce soir. J'neu que d'lou d'mandeu à v'nir d'saye.
DÉBARRER Ouvrir une porte fermée à clé. Dépêche-teu d'débarreu la porte, tu vayes point que n'y a du monde qui veulent entreu.
DÉBAUCHE s.f. Fin de la journée ou de la demi-journée de travail. Va y'avar core du monde par les rues vu qu'c'est l'heure d'la débaucheC'est bentout l'heure d'la débauche, on va s'béseu un-ne fillette de bianc.
DÉBAUCHER Finir sa journée de travail. À quelle heure débauches-tu ?
DÉBLÂME s.m. Excuse. I m'a dit ça pour pas v'nir, en meunieure de déblâme.
DÉBOUQUÉ Qui a fini de bouder. Te v'là tout d'meinme débouqueu, va pas te r'bouqueu de c'que je te l'dis.
DEBOUTE Debout. Mets-teu d'boute quand noute cureu vienra.
DÉBOURDER Débourber.
DÉCRINER Décoiffer. Tu vâs m'décrineu à m'chercheu des poués dans la téte; eh v'là, je seus toute décrinée !
D'LA Accompagne un juron. Nom de d'la d'bon d'la d'bon d'la !
DE DELÀ D'ici. Bougez pas de d'là les enfants, tant qu'i renteure du monde à pien-nes routes.
DEFAIS s.m. Pièce de terre à l'origine concédée par le seigneur et appartenant à un ou plusieurs particuliers. Bien représenté dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron, p.81)
DÉFUNT Antéposé à un nom de parenté. Noute défunt pére nous diseut toujous ...
DÉHANNER (SE -) Se dévêtir.
DÉHORS Dehors. En déhors de yelle, y a pus méseu grand monde de valeureux.
DÉLIVRES s.f. Gravats, détritus.
DEMÉSEU Désormais.
DEMODE Aimable, capable. C'est ben c'mode lou chérettes à provisions dans les grandes boutiques d'méseu. Mais les con-naissances ès caisses sont yelles pas toujous ben d'modes quand tu veux lou précheu un p'tit du temps ou des garsailles. A n'ont jainmé l'temps d't'écouteu. A sont d'modes de point te r'gardeu de tout l'temps qu'tu'es devant yelles.
DEPÉ Depuis.
DÉRANGEANT Gênant. Il est pas ben dérangeant voute bon-honme.
DÉSENNEUYER (SE-) Se distraire. Tu vas t'désenneuyeu à écouteu le posse; maye, ça m'désenneuye ben teurjous.
DÉTOURNER (SE -) Se retourner.  J'le huchis, i s'détournit oussi sec.
DÉVALLÉE s.f. Pente, descente.
DEVANTÉOU s.m. Tablier.
DEVENU Postposition du participe par rapport à l'adjectif attribut. Alle est folle dev'nue.
D'VOTIEUX Dévot, pieux.
DIRIES s.f. Racontars. L'écoute don pas, tout ça c'est reuyen qu'des diries. I préche à longue de temps sus l'dos du pauve monde.
DOMPTE Qualifie un animal, surtout un cheval ou un boeuf de labour, qui peut être facilement conduit, dompté.
DONAISON s.f. Donation.
DONNÉE s.f. Bon marché. C'est un-ne vraye don-née qu'lou réclames asteure.
DOUE s.f. Fossé. Représenté dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.83-84)
DOUET s.m. Petit ruisseau; mare, lavoir. Présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.84)
DRAILLÉE s.f. Vive punition donnée à coups de fessée ou autre moyen de frapper.
DREUT, DREUTE Droit, droite. Prends à dreute, tourne à gâouche, pis file tout dreut d'vant taye.
DRINER Trimer, aller ici et là.
Un p'tit poulain qui li sâoute, qui li drine;
Un p'tit poulain qui li sâoute sus les reins (chanson enfantine)
Core à drineu, d'saye, son bon-honme.
DRÔLE s.m. Faible d'esprit.
DRUGER Galoper. Peut-être à l'origine du toponyme déformé "Druge chevaux". On parle en effet d'un cheval qui druge dans un pré et à la suite duquel les autres chevaux se mettent à courir. (Dictionnaire de Bouvron p.84).
DU Contraction pour de leJ'eu oublieu du mette à queure.
DURER Rester en place; tenir. Dure don tranquille un monment. I fait trop châoud, on peut pus dureu.
 
 
E
 
 
ÉBEUSTEUOUI Tout étourdi.
ÉBOGUER Enlever toute bogue.
ÉCALER Fendre du bois.
ÉCHALIER s.m. Petite échelle ou barre de bois sur une haie ou un fossé pour faciliter le passage.
Présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.86)
ÉCHALLE s.f. Échelle.
ÉCHALON s.m. Sorte de petite échelle mise aux bouts d'une charrette pour maintenir le foin.
ÉCHUPER Enlever la chupeJ'eu dû échupeu les arbes conte la maison.
ÉCLI s.m. Écharde.
ÉCOBUT s.m. Défrichement d'une lande de petite étendue; lieu ayant subi un tel défrichement.
Présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.86)
ÉCULÉE s.f. Écuellée; contenu d'une écuelle ou d'un bol. Un-ne éculée d'soupe.
ÉCURIE s.f. Étable à vache; sinon, on précise "l'écurie à la jument".
ÉDEURDON s.m. Édredon
ÉDODER Étourdir. Tu m'édodes avec toutes tes histouéres; j'en seu tout édodeu.
EFFENER Arracher les feuilles d'une branche sur toute sa longueur, en fermant la main.
ÉGRANDIR Agrandir.
ÉLEUVE s.f. Jeune bovin élevé à la ferme.
ÉMAYE s.m. Émoi. En v'là-t-i d'l'émaye pour pas grand chouse.
ÉMAYER (S') S'émouvoir.
EMBEURRÉE s.f. Plat de légumes écrasés avec du beurre. Un-ne embeurrée d'choux.
EMBONNIR Devenir meilleur. À nous âges, on n'embon-nit gueure.
EMMANCHEMENT s.m. Affaire compliquée. Tu parles, taye, d'un emmanchement, lou sapreus ronds-points. Tu veux alleu à gâouche, c'est à couteu d'taye, et tu deu tourneu à dreute, faire un tour de manège outour d'un-ne potée d'fleurs avec des abeujâtis d'appouettes. Suffit qu'tu seus pus euyou qu'tu deus tourneu pour prende la bon-ne route, vu qu'tu'as l'tournis, et te v'là, fi d'garne,  r'parti pour un tour de pus, mes gars !  Et quand tu seus qu'c'est avec tes sous à taye qui peuyes tes impôts qui font lous ronds, tu te d'mandes euyou qu'c'est qu'on va avec lou progrès.
ÉMOUVER Agiter, émouvoir. Ça émouve le monde de s'rende es élections.
ÉMOUVERIE s.f. Agitation, remue-ménage. Tu parles d'un-ne émouv'rie, taye !
EN ALLER (S') Dans des emplois redondants. Il est parti à s'en alleu. A s'en est en alleu ben vite.
EN REVENIR (S') Revenir. Il s'en n'teut rev'nu du meud'cin pus malade qu'i n'teut parti.
ENCUSER Proposer une affaire; faire une offre.
ENDALLER (S') S'enfoncer les pieds dans un bouillon, dans la boue.
ENDREUT s.m. Endroit.
ENGIN-DE-PÊCHE s.m. Truc, machin compliqué. Tu parles d'un engin d'péche qu'lou mécanique à don-neu les sous. T'arrives, déjà qu'tu seus pus ton code; quand tu t'le rappelles, tu seus pus euyou peuseu, et tu'as dix con-néssances qui teurpillent darrieure taye et qui saront ben mieux qu'taye ton code, si a sont pas à compteu tes sous qui sortent de l'engin.
ENNEUYANT Qui dérange, fatigant, cause des ennuis. Es-tu enneuyant avec tes histouéres de sous. C'est teurjous ben enneuyant d'var ceula.
ENNEUYER. Ennuyer.
ENRHIMER (S') S'enrhumer.
ENROCHER Enterrer le cadavre d'un animal.
ENROUI (ÊTRE -) Être enroué, enrhumé.
ENSOUILLURE s.f. Taie d'oreiller.
ENTE Préverbe de réciprocité. I s'ente-disent des chouses et s'ente-grongnent.
ENTEUR Entre. Enteur yelle et son honme.
ENTOUR DE Autour de. Il est entour de ses bétes.
ENVERS Par rapport à. Envers c'que tu li as don-neu, c'est pas grand chouse que le sien qu'a t'don-ne.
ENVEUYER (N') Envoyer. Il l'a n'enveuyeu ben tard; un p'tit pus, i faiseut naye.
ÉOU, YÂOU Eau. Avar de l'éou pien les sabots, pien les godillots.
ÉPARER Éclaircir. Épareu les carottes. Le temps est épareu, i s'est épareu.
ÉPI s.f. Épingle.
ÉPINE s.f. Arbrisseau épineux. L'on distingue l'épine byanche ou aubépine et l'épine naye ou prunellier qui produit des prun-nes aigues. (Dictionnaire de Bouvron p.86).
ÉPRENDRE Faire partir un feu. Le feu est-i épris ?
ÉRIÈRE Arrière.
ÉRONDE s.f. Ronce.
ES Aux. La maison es Martin. Présent dans la toponymie: Le Pont es Cheuves (Dictionnaire de Bouvron p.87).
ESSOLER Briser les branches d'un arbre.
ÉTEURPE s.f. Outil pour couper de la lande.
ESSUER Essuyer.
ÊTRE POUR Être destiné à . On seut ben qu'il est point pour resteu avec nous toute sa vie.
EUYOU Où. Mais euyou a-t-i prin-ye ça core !
ÉVAILLER Étendre, disperser. Il ont évailleu du fumieu sus tous les champs qu's'en est un-ne vraye dégoûtation.
 
F
 
FÂCHANT Fâcheux. En tout cas, c'est ben fâchant un-ne affaire con-me ceute-late.
FAÇONS (DE TOUTES LES -) De toute façon. Tu li dis c'que tu veux; de toutes les façons, c'est core li qu'ara rayeson; i m'en fait vare de toutes les façons.
FAILLI Mauvais. Adjectif antéposé au nom qu'il qualifie. Un-ne fâillie maison. Bien représenté dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.89)
FAIRE Mettre bas (en emploi absolu). J'eu min-ye la lapine ou mâle n'y a un bout d'temps; j'seus point si alle a core fait.
FAIRE APRÈS S'occuper de. Va dans les écuries, il est à faire après les bétes. À force de faire, i va ben y arriveu.
FAIT (ÇA - QUE) Alors. Ça fait que j'li ai dit de s'coucheu avant la neu.
FAUMOUCHET s.m. Épervier.
FAUX-MANCHE. s.m. Manche de faux.
FAYE Fois. Dé fayes qu'i direut qu'i veut pus v'nir à nous noces, qu'j'en s'râs gueure éton-neu.
FEINNE s.f. Tige de plante. Soin-gneu les lapin-ye avec des fein-nes de carottes.
FERME (ÊTRE EN -) Exploiter une ferme.
FEURDILLOUX Frileux.
FEURLUCHET s.m. Petit gamin.
FEURTE s.f. Étroite bande de fer entourant un sabot de bois pour qu'i ne fende pas.
FÉVEURIEU s.m. Février.
FI s.m. Fils (dans des jurons). Fi d'garne !
FICHES s.f. Pentures d'armoire. Un-ne armouére à fiches.
FIN Intelligent. C'est pas gueure fin-ye; le pus fin-ye s'ra c'ti-là d'vous deux qui arrêtera l'pronmieu à pigasseu l'âoute.
FINGER Remuer le fumier (se dit d'un porc).
FLACHE s.m. Partie mal équarrie d'un morceau de bois.
FOLEYER Devenir fou. Tu vâs m'faire foleyeu.
FONCER S'enfoncer dans la boue. Arréte-teu don, tu vâs bourdeu; tu vayes ben qu'ça fonce. Ça y est ! Te v'là fonceu. J'l'avâs pourtant ben dit qu't'arâs fonceu. Te v'là ben avanceu à c't'heure.
FOUÂILLER Punir d'un coup de fouet ou de martinet.
FOUINE s.f. Instrument pour prendre les anguilles.
FOUSSEU s.m. Talus entourant un champ par opposition au creux d'fousseu.
FOUSSEU (RELEVER LE -) Renforcer le talus avec de la terre.
FOUYER s.m. Foyer.
FRAGONNETTE s.f. Fragon, petit houx. (Dictionnaire de Bouvron p.93)
FRAIS Tout récemment. Mes cheveux sont fraye laveu. La poule est frayeche min-ye-ze à coueu.
FRANCIN-YE François, Francis.
FRANGÉ Se dit d'un tissu déchiré sur le bord.
FRÉCHE s.f. Terre nouvellement défrichée; terme bien représenté dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.92-93).
FREUD Froid. J'irâs ben vare les filles, mais c'est l'freud des pieus qui m'bése
FRICOT s.m. Nourriture cuisinée. J'vâs prépareu l'fricot pour l'dîneu d'à midi; ton fricot s'ra sus l'feu.
FRILER, FRILLER Glisser. Fais attention à pas frilleu sus la groue.
FRONMER Fermer. Fronme li don la goule à ton posse, i dit reuyen qu'des bétises. Un lieu-dit sur la commune d'Orvault présente deux formes: L'Enfermy et sa variante dialectale fidèle à la prononciation usuelle: L'Enfrommy.
FRONMI s.f. Fourmi.
FUMELLE s.f. Femelle.
 
 
G
 
GABORAGE s.m. Méteil moulu; par extension, mélange informe.
GADOUILLE s.f. Flaque d'eau boueuse.
GADOUILLOUX Boueux.
GAGNERIE s.f. Champ de grande étendue, sans haies, divisé par bandes ou réages et appartenant à plusieurs propriétaires. La toponymie en compte des dizaines (Dictionnaire de Bouvron p.96-106).
GAINGNER Gagner.
GALANDE s.f. Amoureuse.
GALANT s.m. Amoureux.
GÂLE s.f. Perche pour puiser de l'eau.
GALERNE Désigne un vent d'ouest. (Dictionnaire de Bouvron p.106).
GÂLES s.f. Feuilles de légumes. Des gâles de patates.
GALETOUEURE .s.f. Ustensile pour faire les galettes.
GALOCHE s.f. Désigne un jeu.
GALOPÉE (D'UNE -) D'un seul trait. I s'en est v'nu d'un-ne de ces galopées qu't'arâs dit qu'il aveut le feu ou  deurière.
GALOPIN s.m. Petit dépôt nageant dans du cidre qu'on vient de remuer.
GANIVELLES s.f. Clôture en bois. Il ont min-ye des ganivelles pou qu'le monde émouveu n'appeurchent point tout preu.
GÂPÂS s.m. pl. Balles de foin; débris de paille.
GAPI Se dit du bois troué par les vers.
GÂRE De deux couleurs. (Dictionnaire de Bouvron p.106).
GARET s.m. Chaume après la récolte du blé.
GARNE s.m./s.f. Injure. Le garne de chien, fi d'garne !
GARS s.m. Pour apostropher un adolescent. Bonjour, gars !
GARS (LES - / MES -) Interjection. Mes gars, en v'là-t-i d'un-ne affére ! Eh ben les gars, alle est pas ben apeurchante !
 GARSAILLES s.m. Enfants en bas âge. Des p'tits garsailles de d'meinme, c'est-i meugnon ! Mette tous les garsailles dans la piace signifie "Mettre tout en désordre".
GÂTER Renverser, déborder. Il a gâteu d'léou dans la piace. Le lait a gâteu de la castrole.
GAUCHET Gaucher.
GÊNANCE s.f. Petite gêne.
GENOUÉ s.m. Genou.
GEUDE s.f. Jatte.
GILET DE CORPS s.m. Gilet de peau.
GINGIN s.m. Jugeotte. Faut pas avar ben du gingin pour d'vineu.
GORGINETTE s.f. Gorge d'enfant.
GORIN s.m. Porc.
GOUCHE s.f. Truie.
GOULE s.f. Bouche; visage. Bouche li don la goule à ton posse, on s'ouaille pus prêcheu. Il a un-ne bon-ne goule pour sa pronmieure. Fais don pas la goule d'vant l'monde, c'est-i qu'tu s'râs bouqueu ? Avar la goule teurte et l'jabot d'couteu.
GOULÉE s.f. Bouchée. Mange pas à grousses goulées, tu vas t'étran-yeu.
GOURMITER Se dit d'aliments qui remontent de l'estomac, avant de vomir. Ça li gourmite par à d'dans.
GOUTTE s.f. Eau-de-vie.
GOUTU Qui a un bon goût. Avec la piée qu'a tombé, l'rayesin-ye est point goutu c't an-née.
GRACIEUSE Agréablement potelée.
GRAFIGNÉ Égratigné.
GRAISSER Mettre des fumiers ou des engrais sur un pré.
GRÂLER (SE -) Se faire griller au soleil. J'comprends point l'monde à c't'heure: i vont s'grâleu ou soulaye, ben lin-ye, sans y éte forceu, et s'badigeon-nent de grésse pou qu'le soulaye i lou brûle point la péou. Tout ça lou coûte des sous. Sembe-t-i qui f'râ putôt mieux de s'métte à l'ombe conme maye, chez ieux; ça lou coutreu reuyen et lou péou s'râ oussi bianche, mes gars !
GRÂLOIRE s.f. Poêle pour faire griller les châtaignes.
GRAND Complètement. Rente chez  taye avant qu'i fait grand naye.
GRAPIGNER Grapiller.
GRÉSILLON s.m. Grillon.
GRETTES s.f. Parties légèrement brûlées de bouillie, dans le fond de la casserole.
GRIGNE s.f. Croûte de pain de ménage.
GRIMAÇOUX Qui fait des grimaces. Fais don pas l'grimaçoux à longue de temps, tu vâs resteu conme ceula.
GRIMIDI s.m. Grosse sauterelle verte; loustic.
GROGNET s.m. Fil de fer fixé au groin d'un porc pour l'empêcher de finger, de remuer la boue ou le fumier.
GROLE s.f. Corbeau, corneille.
GROU (ÇA -) Il gèle.
GROUE s.f. Glace sur une mare.
GROUE s.f. Bouillie de blé.
GROUS Gros. Regarde-meu c'te grous pien d'soupe; ça n'a pourtant point l'sou et ça s'ajeute un-ne grousse auto.
GUENASSER Mouillasser, crachiner.
GUENÉ Mouillé, complètement trempé. Être trempé guené.
GUENILLOUX Vêtu de guenilles.
GUEROUÉE s.f. Grande quantité. Vous v'là avec toute un-ne gueurouée d'garsailles, méseu.
GUÉTER Tâter.
GUEURDIN, GUEURDINE Rapiat, près de ses sous. Il est pas gueurdin-ye pour un sou, mais i jeute point son argent par les f'nétes.
GUEURDINER Économiser avec excès.
GUEURLÊTON s.m. Homme frêle (hypocoristique).
GUEURMIE s.f. Petite quantité. Un-ne gueurmie d'pain. Y'a pas un brin-ye, pas un-ne gueurmie; n'y a pus reuyen.
GUEURNOUILLE s.f. Grenouille. I pleut, i mouille, c'est la féte à la gueurnouille. N'y a core des gueurnouilles pissouses dans l'preu d'abas.
GUEURZILLON s.m. Grésillon.
GUINCHE s.f. Herbe haute et sèche qu'on trouve en forêt et qui sert à composer la litière, notamment.
 
H
 
s.f. Haie. La haie appartient à celui qui possède le terrain où se trouve la maie ayant permis de constituer le talus planté, qui se distingue d'une haie de pied, sans maie ni talus.
HÂOU Haut. À son âge, ça ouaye hâou.
HARDES s.f. Vêtements. Alle a min-ye ses hardes neuves pour la conmeunion.
HARDIER s.m. Chaîne de charrue.
HARPON s.m. Grande scie.
HARROU s.m. Quelqu'un qui ne cesse d'aller et venir pour rien; un trimard.
HEINNES s.f. Culottes, pantalon.
HÉRÂCHER Élaguer. Hérâcheu un-ne hâ.
HÉRITATION s.f. Héritage.
HERQUELER Être essoufflé.
HEUCHE s.f. Herbe haute et sèche, autre nom de la guinche.
HEUR s.f. Difficultés, misère. Faut-i en avar d'la heur aneu;  vai, i m'en don-nent-t-i d'la heur avec lou nouvelles heures, yun-ne à l'éteu, un âoute à  l'hiver.
HEURE (VOIR L' - QUE) Avoir la crainte que. Ça fait qu'j'eu vu l'heure qu'j'ârâ pas pu m'en défaire.
HEUYIR Haïr. N'y a reuyen que je heuyis tant qu'le monde qui v'drâ tout conmandeu et qui sont pus sots et lorieux qu'un jâou sus du fumieu.
HIAPER Faire du bruit en mangeant.
HORS-VENU s.m. Personne de l'extérieur venue s'installer dans la commune.
HOUSSIN s.m. Houx que l'on mettait jadis dans les établers au-dessus des vaches (Dictionnaire de Bouvron p.121)
HUCHER Appeler en criant.
HUSSET (PORTE À -) s.m. Porte à huisset, la partie supérieure s'ouvrant indépendamment de la partie inférieure.
 
 
I
 
IDÉE (AVOIR DANS SON -) Avoir le dessein de; croire que. J'avâs dans mon idée d'asseuyeu à jardineu.  J'eu dans mon idée qu't'es point v'nu seument pour maye.
INCENDIÉ Totalement ivre. I s'en est r'venu incendieu.
INDIGNE Sale, en mauvais état. Les garsailles ont joueu sous la piée et i sont rentreu indignes, t'arâs dit des vrayes conmeudiens. Le ch'min-ye est indigne, n'y a des bouillons à tout bout; t'as tout intérêt de ben r'gardeu euyou  c'est qu'tu mets les pieuds.
 
 
J
 
JABOT s.m. Partie du corps située juste au-dessous du cou.
JAILLE s.f. Décharge d'ordures; objet de peu de valeur. C'est d'la jaille c'que tu m'don-nes là, ça vaut pas un sou.
JÂOU s.m. Coq.
JAOUNÂ s.m. Ajonc  Présent dans la toponymie sous la forme Jaunais (Dictionnaire de Bouvron p. 124)
JÂOUNE (TERRE -) s.f. Argile.
JARDRIN s.m. Jardin (Dictionnaire de Bouvron p.195)
JAYE s.m. Geai.
JEUDE s.f. Récipient en bois pour pétrir le beurre.
JEINNE Jeune.
JONC s.m. Ajonc.
JOURNÉE (À -) Continuellement.
JOUSÉ Joseph ou par aphérère Zeph
JUGEU Ébahi. J'en seu re-steu jugeu quand i m'a dit qu'a coureu à journée de l'un chez l'âoute.
JUS DE RUE s.m. Purin dans la cour d'une ferme.
JUSQU'À TANT QUE Jusqu'à ce que. I s'est min-ye à bare juche qu'à tant qu'i fut d'éte incendieu.
 
 
L
 
LÀ-DEDANS À cela. Un-ne néssance chez yeu, tu m'dis ? J'eu ben penseu là-d'dans quand j'eu vu l'auto ou meudcin-ye.
LÀ-DESSUS (PAR -) En outre. Par là-dessus, i s'teut min-ye en téte de rentreu tout croteu dans la maison; et maye qu'aveu laveu la piace le matin-ye. Dainme, que j'me seu core dit, c'est pas aneu que t'aras ta bolée d'cite, mon gars.
LAISSER À Laisser (suivi d'un infinitif). Lésse-les donc à dormir un peu à matin-ye.
LANDA, LANDAIS s.m. Lieu où poussent des ronces; lieu abandonné. Présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.127).
LASSÉ Fatigué. Va t'reposeu un ptit, t'es tout lasseu.
LATTE s.f. Partie de la charrue sur laquelle sont fixés les socs et au bout de laquelle se trouvent les deux bras: autre nom: âge de la charrue.
LÈCHE s.f. Petite parcelle de terrain. Présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.131).
LESSIS s.m. Eau ayant servi à la lessive.
LICHER Lécher.
LIEUVE s.m. Lièvre.
LIMA ROUGE s.f. Limace rouge.
LOCHE s.f. Limace grise.
LONGUE DE TEMPS (À - ) Tout le temps, sans cesse. Alle est à longue de temps à coure; conment v'l'ous qu'alle est pas mégue !
LORIEUX Glorieux, prétentieux. Les tois Lorieux d'Campbon, jucheu sus lou chevalieures de faillis nobes et vrayes sots.
 
M
 
MÂCHET s.m. Mouchoir. 
MAIE DE FOSSÉ s.f. Rigole le long d'un talus planté d'une haie.
MALADREUT Maladroit.
MALCOMMODE Peu pratique.
MAL DE MODE Peu amène; de mauvaise humeur. Il est mal de mode conme tout depé son accident.
MÂLE LAPIN s.m. Lapin mâle.
MANGERIE s.f. Repas. Un-ne bon-ne mangerie de bodin-ye.
MÂOU Mal.
MARAYE s.m. Marais.
MARBE s.m. Boule de bois que l'on trouve sur les chênes et pouvant servir de bille pour jouer.
MARCHAND DE s.m. Amateur de.
MARCHE POUR Va pour.
MARIE BEURDOUILLE s.f. Femme négligée ou sale.
MARIENNE (FAIRE -) Se coucher après le dîner (repas de midi).
MAROUTTE s.f. Petite marguerite sauvage et tapissante.
MARRAINE s.f. Femme (avec valeur péjorative) Tu parles d'un-ne marrain-ne.
MÂR s.m. Mars.
MÉLE s.m. Merle.
MELÉ Se dit d'un fruit  avancé, avant qu'il ne pourrisse. Un-ne pare melée.
MÉLIER s.m. Néflier.
MEMAN s.f. Maman.
MÊME (DE D'-) De cette manière. Tois lorieux de d'meinme, un teurpieud paraye, ça s'vaye point tous les jours.
MEMÉ s.f. Grand-mère.
MENER DU POTIN Faire du bruit.
MENTIRIES s.f. Mensonges.
MÈRE s.f. Dépôt du cidre.
MÉSEU Désormais, variante de deméseu, demeshui.
MESSÉ (ÊTRE -) Être allé à la messe.
METTRE À Faire. Il est parti mette la jument à bare; ieux, il ont min-ye les bétes à paîte; et taye, mets don le valet à tireu l'fumieu.
MEU Moi (datif). Don-ne meu don un p'tit d'cite, j'eu maye saye.
MEUGNON Mignon.
MEUNIE Marie
MEUNIEURE À peine. C'est meunieure ben soulide voute affaire; tu vayes pas qu'i vienreu à tombeu d'dans, t'arâs belle mine, taye et tout l'reustant.
MICHÂOU Michel.
MI-IOU s.f. Mi-août.
MILLEURE s.f. Mil.
MILO Émile
MINCER Couper du pain en tranches. Avant d'minceu l'pain d'ménage pou mangeu ton cafeu, le matin-ye, tu deus faire un-ne coix d'sus.
MINE (FAIRE LA  - DE) Faire mine de. I fait tout l'temps la mine de travailleu.
MINE (FAIRE LA - À)  Faire la tête à.
MIN-NEU Minuit.
MINTIEU s.f. Moitié.
MISÉRER Vivre avec des difficultés matérielles ou physiques. Depé qu'alle est toute seule, a miseure pour él'veu ses quate garsailles. Les patates ont point ben v'nu; alle ont trop miséreu vu que n'y a point yu d'piée.
MISEURE (AVAR DE LA -) Avoir de la peine, du tracas.
MITANT s.m. Milieu. Présent dans la toponymie avec Le clos du mitant (Dictionnaire de Bouvron p.135).
MITÂOU s.m. Galette trempée dans du cidre.
MITONNÉE s.f. Bouillie avec du pain.
MOCHE s.f. Morceau de beurre.
MONMENT (DANS LE - DE) Au moment de.
MONMENT (C'EST LE - DE) C'est le cas de. Vais, c'est le monment du dire, i teut pus fin-ye avant d'vni à Bouvron.
MONMENT DE TEMPS s.m. Bout de temps. Ça fait un monment d'temps qu'on vous a point vus.
MONDE (LE -) s.m. Les gens (avec accord au pluriel). Le monde d'asteure veulent pus d'sous et moins travailleu; nous parents, ieux, ç'ateu du vraye bon monde, du monde ben hon-néte. C'est fait conme les chiens pou morde le monde.
MONNÂ s.f. Monnaie, argent.
MORDE Démanger. I s'gratte euyoù qu'ça l'mord.
MORTIER s.m. Terrain humide et boueux. Nom bien présent dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.137-138).
MORTUAU Mortuaire. Qualifie le chemin par lequel on conduisait les morts d'un village jusqu'à l'église.
MOT DE BILLET s.m. Petite missive.
MOUCHER S'agiter, en parlant des vaches qui remuent la queue comme pour chasser les mouches. Va n'y avar une orage, les vaches mouchent.
MOUCHET s.m. Mouchoir. 
MOUFU Se dit d'un gâteau moelleux.
MOUILLASSER Bruiner.
MOUILLASSERIE  s.f.Temps bruineux.
MOUILLASSOU Bruineux.
MOUILLER DES BRINS Pleuvoir à petites gouttes.
MOUILLERIE s.f. Longue ou forte pluie.
MOULE Molle.
MOULER Moudre du café.
MOULIN s.m. Se dit d'une charrette qui verse dans un chemin.
MOUILIN s.m. S'emploie par métaphore pour désigner un bavard.
MOURMOUSSER Maugréer;
MO-YEN Moyen.
MUE s.f. Cage pour volaille. Depé qu'son honme est incendieu tous les sayes, alle l'met en mue ou début d'la sayerée.
MULON s.m. Tas de foin, dans la ferme.
MUSER Traîner, flâner. N'en v'là core yun qui muse apreu la mésse et qui s'ra en retard pour le dîneu.
MUSSE s.f. Cachette.
 
N
 
N' Particule de début de phrase. N'en v'là d'un mâle !
NÂCHE s.f. Place assignée à une vache dans l'étable.
NAYE Noir. C'est la marmite qui traite le châoudron d'cul naye
NÉE s.f. Nuit.
NERVETTE s.f. Personne nerveuse.
NETTOYÉ PROPRE Ivre mort. Il s'levit et prit le balaye pou tireu les bétes, sûr  qu'il éteut nettoyeu prope.
NEU Neuf.
NEUYER (SE -) Se noyer. Il a manqueu s'neuyeu.
NIANT Fainéant. Chonme-teu un p'tit et arréte de faire le niant, pauve nicdouille !
NIÂOU s.m. OEuf laissé dans le nid.
NOSILLES, NOUSIES s.f. Noisettes.
NOUE s.f. Terrain bas et humide. Bien représenté dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.140-142)
NOUETTE s.f. Petite noue (Dictionnaire de Bouvron p.142).
NOUEL Noël.
 
 
O
OBÉYIR Obéir.
ORAILLE s.f. Oreille.
ORDE (AVAR - DE) Avoir l'ordre de. Il ont yu orde de fronmeu lou goule su l'patrimen-ne rapport ou teurpieu qui v'lâ d'éte le seul à tout signeu su les papieu; c'est pas ben hon-néte mais ça s'creut tant c'monde-là, c'est lorieux conme pas yun.
ORDE (À L' -) En ordre, bien rangé.
ORDREU Qui a de l'ordre, ordonné. C'est un-ne fille ben ordrée.
ORTAILLE s.m. Orteil.
OU Au. I fait ben vilain-ye, chez yelle, avec un honme qui passe pu d'temps ou cafeu qu'auprès des bétes et dans les champs; faut ben dire oussi qu'i fait la vie à sa mariée depé qu'a li a dit qu'i buveut de trop.
OÙ (N'Y A -) Il y a de quoi. N'y a où rire en veuyant un lorieux paraye.
OUEILLE s.f. Ouaille, brebis.
OUÏ Entendu. En av'ous ouï précheu ?
OUÏR HÂOU Entendre haut, entendre mal. I ouaille hâou; je chonge putôt qu'i n'ouaille ni n'sent.
OUSIEU s.m. Osier. Un-ne bouée d'ousieu.
OUSSI Aussi.
OUSSITÔT Aussitôt.
OUTANT Autant. Outant pour outant, ça vaut outant conme noute veuille jument.
OUTOUR Autour. Outour de yelle, n'y a toujous un-ne fricassée d'galants.
OUVRAGE s.f. Travail de la maison. Mon ouvrayege est féte; j'vâs m'coucheu un p'tit, jusse le temps de baqueureu.
 
P
 
PAILLEU s.m. Tas de paille.
PAISSON s.f. Herbe bonne à paître. N'y a d'la paisson c't'an-née, dans noute preu d'derieure.
PÂLÉE s.f. Ration pour animaux.
PALIS s.m. Pieu de pierre d'ardoise servant à faire une palissade (Dictionnaire de Bouvron p.144).
PANERÉE s.f. Contenu d'un panier.
PIN-NETOT s.m. Paletot, veste.
PAN-NETICOUTE Pentecôte.
PÂOU s.m. Pieu.
PAR EN-DESSOUS Sous, dessous. Mets-le par en d'sous l'âoute ou par en d'sus.
PAR LA GOULE À la figure. Continue don et j'te jeute d'l'éou par la goule.
PARAÎTRE (SE -) Se voir, paraître. Un coup d'éponge et ça va point s'paraîte. I s'paraîtreut qu'l'ouverieu frequentreut la fille ou boulangeu.
PARAYE N'est-ce pas. Le temps est tout détraqueu d'méseu, paraye mes gars ? qu'en chonge'ous ?
PARE s.f. Poire.
PAREU Prêt. Es-tu pareu à partir?
PARÉE s.f. Longue portion de terrain fauchée sur la largeur d'une faux.
PARELLES s.f. Plante sauvage, rumex ou patience.
PARIEU s.m. Poirier.
PART (DE QUEIN-NE -) Pourquoi donc ? Et de quein-ne part veut-i point v'nir ? Rapport que j'arâs pus fait cas d'li depé l'monment qu'il a fréquenteu ma seu. J'li ai en aucun-ne part fait du tort.
PART (EN AUCUNE -) Pas du tout.
PARTIR À Se mettre à. Il ont parti à rire sus li et du coup, meunieure de pas lou réponde, il est parti à s'en alleu.
PAS DE SIÂ s.m. Passage à la barrière d'un champ (Dictionnaire de Bouvron p.145-146).
PATÂOU s.m. Chat. A s'est j'teu sus l'gâtéou conme patâou sus galéte.
PÂTIS s.m. Terrain en herbe livré à la vaine pâture près d'habitations. Bien représenté dans la toponymie (Dictionnaire de Bouvron p.146).
PATOUILLEU Patauger.
PATOUILLOUX Qui aime patauger. Boueux.
PAYE s.m. Poil, cheveu. À tout paye bon-ne béte, à tout coup, c'est l'rouge qu'est l'méte. I conmence à veuillir; il a méseu le paye bianc.
PAYESSON s.m. Poisson.
PEINE (ÊTRE EN - DE) S'inquiéter pour. Il est en pein-ne de yelle depé pus d'huit jous. Je seus ben en pein-ne; je n'seus par euyou conmenceu.
PELO Pierre.
PENTECÔTE s.f. Fleur sauvage, orchis macula.
PÉOU s.f. Peau.
PEPA s.m. Papa.
PERDU DE Plein de, jusqu'à satiété. Il est perdu d'sous et i continue à v'nir ou bourg à pieud putôt qu'd'ajteu un-ne auto.
PERRIÈRE s.f. Carrière de pierres. Nom qui se retrouve comme toponyme (Dictionnaire de Bouvron p.148).
PERRUQUE s.f. Chevelure.
PERRUQUE (FAUSSE -) s.f. Perruque.
PETIT (UN -) Un peu. Don-ne m'en don core un p'tit pus.
PEUNIEU s.m. Panier.
PEUNRÉE s.f. Panerée.
PEUPILLE s.f. Pépie.
PEURCHAIN Prochain. Le peurchain-ye qui  m'dit ça ara pus qu'a s'en red'partir.
PEURCHAIN-NE Prochaine; antéposé. La peurchain-ne semain-ne.
PEURTU s.m. Trou. A s'est fait un peurtu dans la châousse dreute.
PEUSEU Appuyer. Tu parles d'un-ne mécanique, taye; tu peuses sus l'bouton et ça t'dit qu'ça marche point. Mais j'eu ben vu maye que ça marcheu point ceutte fi d'garne d'mécanique. C'que j'voudrâs qu'ça m'dit, c'est conment la fére marcheu, c'te mécanique infronmatique !
PEUTARD s.m. Fleur sauvage, digitale.
PEUYEU Payer.
PIACE s.f. Sol de la maison. J'eu balayeu, laveu la piace et v'là-t-i pas qu'i mettent tous les garsailles dans la piace. Les écueulles, les castroles, tout est dans la piace. Faura point qu'i me r'mettent tout par les piaces la peurchain-ne faye qui vienront.
PIAINDE (SE -) Se plaindre. Toujous à s'piainde la goule piein-ne, c't'i-là.
PIAT Plat.
PIATRÉE s.f. Contenu d'un plat. Un-ne piatrée d'légumes.
PICHON s.m. Chou qui commence à monter. Quand les choux conmencent à monteu, ça fait reuyen qu'des pichons.
PIÈCE DE TEMPS s.f. Moment.
PIED-DE-CHÊNE s.m. Jeu consistant à mettre la tête et les mains sur le sol, les jambes en l'air.
PIÉE s.f. Pluie. Tu parles d'un-ne saucée; c'est point d'la piée seuche. Le temps est perdu d'piée.
PIELLE s.f. Outil de jardin pour couper les racines.
PIEN Plein. I mouille à pien temps
PIERRE DE SUCRE s.f. Morceau de sucre.
PIESSA Haie constituée de branches pliées et liées (Dictionnaire de Bouvron p.155)
PIEUCE s.f. Pièce de terre, champ (Dictionnaire de Bouvron p.152).
PIGASSEU Taquiner. Arréte don d'pigasseu ta seu.
PIGNEU Pleurer, pleurnicher.
PIGNOCHEU Vivre à petit train. Qui pignoche vivoche.
PIGNOUX, PIGNOUSE Pleurnicheur, pleurnicheuse.
PIMPIN s.m. Ciguë. Racines empoisonnant les vaches qui en mangent.
PINCHELETTE s.f. Moineau. Vien don var un p'tit dans l'pailleu; n'y a core un-ne nichée de cinq ou six pinchelettes.
PINGEU Prendre en plongeant les mains. Pingeu à piein-nes mains.
PIQUEU Debout sans bouger. N'reusse don pas piqueu ou mitant d'la piace; prends un-ne chére et siéte-teu.
PIQUEU Planter. Quand les choux s'ront finis d'piqueu, je r'piqu'reu les fleurs.
PISSOUX Jeu de cartes.
PISSOUX (PREU -)  Pré humide (Dictionnaire de Bouvron p.154)
PIVELEU Qualifie quelqu'un à la peau ayant des taches de rousseur.
PLÉE s.f. Motte de terre dans un champ.
POÂLE s.f. Poêle.
POCHÉE s.f. Contenu d'un sac. Un-ne pochée de farine.
POCHETON s.m. Petit sac.
POCHON s.m. Sac.
POELETTE s.f. Petite poêle.
POÉLON s.m. Vaste récipient en cuivre; des légendes parlent de poélons d'or cachés comme trésors.
POGNET s.m. Poignet.
POINT GUÈRE DE Guère. I n't'eut point gueure de pus  fin-ye qu'son pére; à longue de jou à coure par les routes.
PONGNÉE s.f. Petite quantité. Un-ne pongnée d'monde.
PONGNÉE DE CHÂTAIGNES s.f. Décharge électrique.
PONGNÉE (À -) En grande quantité. Il en a prin-ye à pongnée.
PONGNEU Arracher les mauvaises herbes à l'aide des mains. I s'est useu les reins à s'crocheu à journée pour pongneu les choux.
POTIRON s.m. Coulemelle.
POU s.f. Peur. Faut point avar pou du monde.
POUÉ s.m. Pou. Châouffons-nous Marie / Châouffons-nous / Les poués nous mang'ront-i ?
POUÉSON s.m. Poison.
POUILLEU Habillé.Te v'là don ben pouilleu avec ton caracot tout neu.
POUILLEU (SE) S'habiller. Pouille-teu un p'tit pus pour point avar freu.
POULETTE s.f. Ampoule au doigt.
POUPÉE s.f. Épi de maïs.
POUR DIRE Pour ainsi dire. N'y a, pour dire, reuyen d'marqueu dans lou journal.
POUSSEU POUR Essayer, par études, de. I pousse pour éte meudcin.
POUVE Pauvre, malheureux.
PRÉCHEU Parler.
PRÉE s.f. Pré de grande étendue (Dictionnaire de Bouvron p.171)
PRENDE FOND DE Prêter attention à. Lous diries, j'en prends pas fond et pis j'en seus reuyen.
PREU À PREU Tout près.
PREU BAS s.m. Pré humide ou pissous.
PRIER LE BON DIEU (ALLER -) Rendre une visite à un mort.
PRIME Précoce. Mes carottes ont conmenceu à l'veu, sembe-t-i qu'a s'ront primes c't'an-née.
PRINS, PRINZE Pris, prise (Dictionnaire de Bouvron, p.171).
PROBABE Probablement. Probabe qu'il aront  yeu d'la piée d'lou couteu, ç'ateut naye, mes garsailles, que j'en s'reus point éton-neu.
PROUFIT (AVAR -) Avoir avantage. T'arâs yeu outant proufit à passeu par la route qu'à coupeu par les champs. C'est point gueure de pus long.
PURON s.m. Bouton cutané contenant du pus.
PUS Plus. T'en âs pas pus besoin-ye qu'un chien d'avar la colique.
 
 
Q
 
QU' Qui. C'est le sien qu'est un peu feurdilloux des pieuds.
QUAND QUE Quand. Quand qu'i mouillera pus.
QUASIMENT-BELLE s.f. Jeune fille (ironique). Tu parles, taye, d'un-ne quasiement-belle !
QUAYE s.m. Biens matériels; affaire; nourriture. Ça veut avar core pu d'quaye, li et yelle; et i sont toujous à s'ente-grongneu pou lou quaye. J'vâs t'prépareu ton quaye pour dîneu à midi.
QUAYE ? Quoi ?
QUE DE Que; qu'à. Je n's'râs que d'taye, j'irâs pas lou d'mandeu d'l'aide. Tu n'as qu'du faire ou d'lou dire de v'nir.
QUEDASSEU Chanter, pour une poule. On dit aussi qu'une poule queut-queudasse.
QUÉQUE Quelques.
QUÉQU'UN Quelqu'un.
QUERIÈRE s.f. Bande de terrain inculte au bout d'un champ. En 1762, on trouve la mention suivante: "la Crière du champ servant de servitude" (Dictionnaire de Bouvron p.174).
QUEU, QUEUTE Cuit, cuite. Un oeu queu mou et un-ne pon-me queute.
QUEURE Cuire.
QUI ? Quoi ? qu'est-ce ? Qui qu'on va li don-neu conme étrein-nes ?
QUI NE Intensif. I baye qui n'baye.
QUILLÈRE s.f. Cuiller.
 
R
 
RABISCOTEU Rafistoler.
RACMODEU Raccomoder.
RACOIN s.m Recoin.
RACOUET s.m. Le plus petit animal d'une portée de plusieurs; le petit dernier-né d'une famille.
RAGALEMENT s.m. Remuement. On areu dit  conme un ragalement dans l'gueurnieu.
RAGALEU Remuer, fouiller. Arreute don d'ragaleu la térre avec ta pielle, tu trouveras point d'sous par ici.
RAGATONNEU Fouiller.
RAGOLU Inégal, bosselé.
RAGOUINEU Fouiller.
RAGUEN-NE s.f. Trou fait par les lapins et les lièvres.
RAIDE Complètement, vraiment. Tu'es raide fou. C'est raide bon voute  quaye.
RAMASSE-BOURRIEU s.m. Pelle à poussière.
RAMASSEU Ranger. Ramasseu la vaisselle.
RAMASSEU (SE -) Se mettre à l'abri. Ramasseu-vous ben vite avant qu'i mouille à pien temps.
RAMBERGE s.f. Variété de mauvaise herbe de jardin.
RAMMANCHEMENTS s.m. Explications confuses.
RAMMANCHEU Grommeler; parler confusément.
RANG (DE -) À la suite; aussitôt. Il a fait tois tours de rang avec sa nouvelle auto.
RAPPORT À À cause de. C'est rapport à yelle qu'i s'en est en alleu un p'tit pus vite.
RAPPORTEUR À QUATRE CHANDELLES s.m. Rapporteur à quat'chandelles / Qui rapporte à sa grand-mère/ Sa grand-mère lui donne des sous/ Pour acheter des ptits joujoux.
RARE (C'EST BEN - QUE) C'est peu probable que. Vai, c'est ben rare qu'i vient pas dès à matin-ye.
RASSOLIDEU Consolider.
RÂTÉOU s.m. Râteau.
RÂTILLE s.f. Râteau à petites dents.
RÂTILLEU Râtisser.
RAYESONS s.f. Rogations.
RBOUTOUX s.m. Rebouteux.
RÉCÂOUPI Ravigoté.
RÉCÂOUPIR Requinquer. Ça l'a ben récâoupi de bare un-ne bolée d'cite.
RÉCIÉE s.f. Fin d'après-midi.
RÉCOMPENSEU (ÊTRE -) Être remboursé.
RDEURSEU (SE -) Se redresser de vanité. Les Mouyar, ça seut ben se r'deurseu conme ça seut ben s'méte à piat vente pou licheu les pieuds des vrayes nobes et s'fére ben vare de yeu.
REDONDEU Rebondir.
REFEURDIR Refroidir. Pouille-teu pour point attrapeu un châou refeurdi. V'là l'temps qui se r'feurdit.
REFONCEU Remettre un fond.
RGOBEU Rattraper un objet dans ses mains.
REMBONNIR S'améliorer.
REMPIENNIR Remplir.
RENCONTE (DE -) D'occasion.
RESSE (DE -) De reste. J'seu alleu ben trop tard ou marcheu à matin-ye, n'y aveu pus reuyen d'reusse.
REUDA s.m. Endroit mouillé dans un champ et peu visible.
REUE s.f. Roue de charrette.
REUSTANT (VOILÀ LE -) C'est le bouquet.
REUYEN Rien.
RHABILLEU Raccomoder.
RIAGE s.m. Indique à qui appartient une bande de gagnerie; désigne aussi une bande de terrain parmi d'autres dans une même pièce de terrain. Terme bien présent dans la toponymie sous la forme réage associé à des gagneries (Dictionnaire de Bouvron p.175-177)
RIÂOU s.m. Commun de village, présent dans la toponymie surtout sous la forme RUAUD; un document de 1694 précise "le ruaud et commun dudit village"; ce nom est fort répandu dans les communes autour de Bouvron sous les formes ruaud ou riaud et est qualifié, sur la cadastre napoléonien, de terrain "vague"  ou de "pâture" appartenant à la "Commune" (Dictionnaire de Bouvron p. 177 & 180-181)
RIBOTE s.f. Barate.
RIGOUSTIN s.m. Loustic.
RINCHAU s.m. Corbeille en paille.
RINGEU Ruminer.
ROCHE s.f. Petite pierre, caillou.
RONDE s.f. Ronce.
ROTE s.f. Petit sentier.
ROUABE s.m. Râble.
ROUELLE s.f. Petite roue de charrue.
ROUET s.m. S'emploie par métaphore pour désigner quelqu'un qui ne cesse de répéter les mêmes propos.
ROUEU s.m. Rigole de draînage dans un pré.
ROUSINE (CHANDELLE DE -) Chandelle.
ROUSINEU N'avancer à rien.
ROUSTI s.m. Odeur de brûlé.
ROUTI s.m. Rôti.
ROUTIE DE VIN s.f. Rôtie de vin, soupe constituée de tranches de pain trempées de vin et d'eau, consommée froide l'été.
RUE s.f. Cour de ferme (Dictionnaire de Bouvron p.181)
RUISSÉOU s.m. Ruisseau.
RUTE s.f. Rutabaga.
RVENGEU (SE- ) Se rattraper. Il aveut pas yu asseu à bare chez sa seu; il s'est r'vengeu sus sa cave à li.
RVOLIN-YE s.m. Résidus de paille qui s'envolent au vent; tourbillon.
 
 
S
 
SABOTÉE (PRENDE UNE -) s.f. Enfoncer malencontreusement le pied dans la boue.
SAINGNÉE s.f. Rigole de draînage dans un pré; caniveau.
SAINGNEU Saigner.
SANNOUE s.f. Variété de mauvaise herbe.
SAN-YEU s.m. Sanglier.
SAOUTI Sauté. Il a sâouti sus les gâtéou conme patâou sus galétes.
SÂOUMA s.m. Saumure que l'on retire du charnier.
SÂOUZE s.f. Saule.
SAPREU Sacré (exclamatif). C'en est-i un-ne saprée noce !
SATI Éclabousser en jaillissant.
SAVAR (EN - DE RIEN) N'en rien savoir. Mais quéque tu d'mandes là, j'en seus de rien.
SAYE s.f. Soif. Un baye sans saye.
SAYE s.m. Soir Hieur ou saye. À d'saye !
SAYERÉE s.f. Soirée.
SEC Sèche.
SECOUSSE (D'LA -) Du coup. I m'a don-neu un-ne bon-ne boursée d'sous; d'la s'cousse, j'eu pu chongeu à ajeteu de quaye pour quate jous.
SEGOUILLEU Secouer à plusieurs reprises.
SEMAINE (SU -) En cours de semaine. Anneu, on vaye le monde qui mettent lous habits du dimanche su la s'main-ne et qui vont coure dans les rues l'dimanche pouilleu con-me i d'vrâ yéte su la s'main-ne, quand i sont core pouilleu et pas en gilet d'corps et en caneçon.
SEMBE-T-I Semble-t-il, sans doute. Sembe-t-i qu'i va mouilleu core anneu.
SENILLES s.f. Espèce de mauvaise herbe (ansérine veloutée ?)
SENT-À-BON s.m. Parfum.
SENTE s.f. Odeur. Ça point un-ne bon-ne sente ton quaye su le feu.
SERREU Ranger (du bois, du vin).
SERTE s.f. Servitude, passage à pied dans un champ (Dictionnaire de Bouvron p.49).
SEUILLE s.f. Seau en bois.
SEUILLEU Couper l'herbe à la faucille.
SEUILLON s.m. Sillon.
SEUMENT Seulement.
SIA Si (affirmatif)
SIÂ s.f. Claie, barrière.
SICOUEURE s.f. Petite pompe en sureau servant à jeter de l'eau, comme jeu d'enfant.
SIETTEU (SE -) S'asseoir.
SION s.m. Petite barrière.
SIORETTE s.f. Sorte de barrière placée aux deux bouts d'une charrette; voir échalon.
SIOU s.m. Clos
SIOURI Fleuri.
SIOUSE s.f. Close
SOINGNEU Donner à manger aux animaux.
SORTIR DE Être originaire de. Il est sorti d'Piésseu.
SOU À UN MÉLE s.m. Petite portion.
SOUE s.f. Bâtiment pour les porcs.
SOULAYE s.m. Soleil. Je seus-t-i ben cheu maye, à  l'éteu, putôt qu'd'alleu ben lin-ye su des routes euyou qu'les autos sont à tout-touche, sous l'soulaye. Alors, t'as l'monde qui preuchent apreu l'soulaye qui les gein-ne. Et euyou c'est-i qui vont avec lous autos à tout-touche ? C'est pour alleu s'grâleu ou bord d'la mer, sous l'soulaye, et avec du monde à tout-touche sus l'sabe. Et chez yeu, euyou qui d'meurent, i mettent des sapin-ye à tout-touche enteur yeu pour point s'vare. Le monde i sont raide fous !
SUBIET Sifflet.
SUBIEU Siffler.
SU Sur.
 
 
T
 
TAIL s.m. Étable.
TANT QU'C'EST BEN ASSEU En grande quantité. I beuveut à longue de jou, tant qu'c'est ben asseu, et la pouve bon-ne fein-me, yelle, a peuteut apreu li mais i n'vouleut ren entende.
TANTOUILLEU Barboter. L'tantôt, i tantouilleu dans l'éou; l'matin-ye, reuyen.
TAQUENÂOU s.m. Grosse mouche, taon.
TARDIVELLE Retardataire.
TEL Ainsi (en emploi absolu). Je l'eu vu tel.
TEMPS (DE -) D'une durée de. Il t'faura vantié un-ne nuitée d'temps, point huit jous de temps.
TEMPS (DE TOUT LE - QUE)  Pendant tout le temps que.
TENA s.m. Grande perche.
TENIR Faire mal. Euyou c'est-i don qu'ça l'tient ?
TÊTARD s.m. Arbre émondé (Dictionnaire de Bouvron p. 185)
TÉTE (SE LAVEU LA -) Se laver les cheveux.
TEURÉ Se dit d'un animal gonflé de nourriture.
TEURIOLON s.m. Loustic. En v'là-t-i d'un teuriolon !
TEURIR Tarir.
TEURJOU En tout cas, toujours, du moins. Ça fait teurjou ça d'fait.
TEURPIEUD s.m. Trépied.
TEURPILLEU Trépigner.
TEURTE De travers. Avar la goule teurte.
TEURTOUS Tous ensemble (Dictionnaire de Bouvron p.187)
TEURUELLE s.f. Truelle.
TEURZALLEU S'évanouir, trépasser, trésaller. Tu vâs tout d'mein-me pas teurzalleu.
TILLEULIEU s.m. Tilleul (arbre).
TIMBE s.m. Abreuvoir pour animaux.
TIMBEU Verser de côté. La chérette va core timbeu.
TIMBRÉOU s.m. Tombereau.
TIMBROLÉE s.f. Contenu d'un tombereau.
TINGUEU Souffler (se dit d'une vache).
TIN-YE Tenu.
TIREU Traire. Alle est core obligeu de tireu les bétes de saye; il est parti faire un-ne tournée.
TIREU DU COUTEU DE Ressembler à. Pour éte niant conme li, sembe-t-i qui tire du couteu d'son freure.
TOIS Trois.
TORT (FAIRE - À) Gêner. Lou grand tilleulier, il fait tort à mes piants d'chou, faudreut ben qu'ils l'échupent.
TOUILLON s.m. Lieu humide et boueux (Dictionnaire de Bouvron p.186).
TOUJOURS BEN QUE Toujours est-il que. I montit dans l'gueurnieu, i ragalit, i truchetit, il huchit, toujours ben qu'à la fin-ye, il s'siettit sus un fagot, i prin-ye un-ne chopine qu'il aveut monteu avec li et i la bésit d'rang.
TOUR (TOUT LE -) Tout autour. A s'est min-ye à arracheu le bourrieu tout le tour de la maison.
TOURNEU (ÊTE -) Être fou.
TOURNEU FOU Devenir fou. C'est des coups à tourneu raid fou, des histouéres parailles.
TOURTON s.m. Petit pain brioché.
TOUSEU Tondre.
TOUSSIR Tousser. Alle a toussi toute la née.
TOUT CE QU'IL EN SONT Tous autant qu'ils sont. C'monde-là, tout c'qu'il en sont, veu-lent éte les métes de tout, ç'a tout vu, tout fait.
TRAIN (DONNEU DU  -) Donner du tracas.
TRANCHE s.f. Outil pour couper les racines.
TRÉE s.f. Truie.
TRENCHE s.m. Trèfle.
TREMBIEU Trembler.
TRIMARD s.m. Quelqu'un qui ne cesse d'aller et venir en vain.
TRINCHON s.m. Variété de mauvaise herbe à graines rouges, poussant dans les terrains maigres.
TROU DE CHOU s.m. Pied de chou.
TRUCHETEU Chercher partout, fouiller. I s'trouvit core à trucheteu dans ses papieu.
 
U
UGEINNE Eugène.
 
V
 
VALDRAGUE (EN -) Avec désordre.
VALEUREUX Qui a quelque valeur. Il est pas ben valeureux, ton balaye, tu d'vrâs ben en ajteu un âoute.
FAIRE VALAR Faire travailler. C'est pus chér ou bourg qu'en ville, mais faut ben faire valar nous conmeurçants pour qu'i peuyent des études à lou garsailles et qui s'ajeutent des maisons, tant qu'c'est ben asseu, qu'en chonges-tu ?
VANTIÉ Peut-être.
VANTOUEU s.m. Pièce de toile carrée faite de quatre sacs cousus, pour emporter du foin ou autres.
VASOUX Vaseux. Un ch'min-ye tout vasoux crottoux.
VAYESIN-YE s.m. Voisin. Par entende dire noute vayesin-ye, i d'vrâ vantié ben pas faire béou de toute la s'main-ne.
VENELLE s.f. Sentier; ruelle de lit (Dictionnaire de Bouvron p.190).
VENGEU Fourbu.
VEURTEUVELLE s.f. Penture de porte.
VEUGUIN s.m. Herbe sèche.
VEUILLIR Vieillir.
VEURDEU Aller vite. Et qu'ça veurde !
VEURMINE s.f. Animaux rampants et insectes parasites. C'est pien d'veurmine depé qu'la maison est point ouveurte.
VILAIN LAID s.m. Apostrophe pour réprimander un enfant. Vilain laid, tu n'obéyis point !
VIR s.m. Treuil.
VIREU DE L'OEIL Tourner de l'oeil, s'évanouir.
VISELLE s.f. Liseron.
VITE (PUS -) Plutôt. J'dirâs pus vite que ç'ateut d'lou faute à yeu.
VIVOCHEU Vivre à petit train.
VRAYE Vraiment. Tu'es vraye ben installeu.
 
Z
 
ZYEUTEU Observer. Zyeute un p'tit qui passe là.
 
    On aura remarqué, dans ce parler dialectal, des formes d'un parler oral plus populaire que dialectal, d'où des variantes coire/ creure, doit / dreut, ren / reuyen. En outre, comme l'on a affaire à un parler oral, les formes peuvent varier; ainsi, si la finale -éou est la plus courante, on peut entendre aussi -yâou, cette forme étant considérée comme la plus ancienne, d'où l'alternance coutéou / coutyâou. Les suffixes sont variables, mais souvent -oux, -ouse, équivalent au français -eur / -euse.
 
 
 
 
DEUXIÈME PARTIE 
 
 
PHONÉTIQUE
 
VOYELLE [EU]  finale, avec l'infinitf en -er pouilleu, le participe masculin en -é mangeu, les noms en -er un boucheu ou bien ailleurs dans le mot.
 
DIPHTONGUES
[ÂOU]  mal [mâou]  chaud [châou]  taupe [tâoupe]
[ÉOU]  beau [béou]  chapeau [chapéou]  oiseau [oizéou]
[AYE]  balai [balaye]  vrai [vraye]  marais [maraye]  soir [saye]   croissant [crayessan]  voit [vaye]
            doigt [daye]   moi [maye]  soif [saye] 
 
MODIFICATION DU VOCALISME
[OU]  gros [grou]  chose [chouze]  molle [moule] rosée [rouzé] soleil [soulaye] 
          aussitôt [oussito]  pauvre [pouve] gueule [goule]  peur [pou]  crasseux [crassou]  
[EU]   tarir [teurir]
[É]     messe [mésse] belle [béle]
 
RÉDUCTION
bien [bein]  rien [rein]
croire [creure] doit [deu] droit [dreu] froid [freu]
voir [var] boire [bar]  avoir [avar]  poire [par]  devoir [devar]
nuit [neu]
pluie [pyé]  truie [tré]
bruit [bru]
 
NASALISATION
pomme [ponme]  homme [honme]  bonne [bon-ne]  une [un-ne]
moitié [mintieu]  ami [amin-ye]  minuit [min-neu]  premier [pronmieu]
 
PALATALISATION
blanc [byan]  plein [pyein]  place [pyace]
clos [syou]  casquette [cassiéte]
 
MÉTATHÈSE DE [R]
refroidir [refeurdir]  grenouille [gueurnouille]  approcher [appeurcheu]  février [féveurieu]
vendredi [vendeurdi]  crever [cueurveu]
 
SONORISATION D'UNE CONSONNE FINALE
jatte [jeude]  saule [sâouze]
 
MAINTIEN DU [T] FINAL
debout [deboute]  juillet [juillette]
 
AMUISSEMENT DE LA CONSONNE FINALE
avec fermeture de la voyelle neuf [neu]  oeuf [eu]  filleul [fiyeu]  soeur [seu]
donc [don]  cidre [site]  prendre [prande] notre [noute]  maigre [még]
 
CHUTE DE [V] INTERVOCALIQUE
couver [coueu]
 
CHUTE DE [D] INTERVOCALIQUE
prendra [pranra]  viendront [vyeinron]
 
CHUTE DE [R] OU [L]
croire [couare] froid [foi] formes populaires alternant avec des formes dialectales [creure] [freu]
plus [pu]
 
VOYELLE D'APPUI
rien [reuyein]
 
[H] INITIAL
haie [hâ]  
ou bien absence de liaison des oiseaux [dé oizéou]  des oies [dé oi]
et absence d'élision l'oie [la oi]
 
 

 TROISIÈME PARTIE
 
 
MORPHOLOGIE
 
 
LE NOM ET L'ADJECTIF
Un nom masculin à initiale vocalique peut être féminin: une orage, "c'est une belle âge".
Un adjectif devient épicène: sec au masculin et au féminin; seuche se dit aussi au féminin.
 
L'ARTICLE
Formes contractées: ou pour au; du pour de le : "c'est du dur dire"
 
L'ADJECTIF POSSESSIF
notre: noute  votre: voute   leur: lou
nos: nous  vos: vous  leurs: lous
 
LE PRONOM DÉMONSTRATIF
c'ti-là, ceuti-là, cette-là, ceute-late.
 
LE PRONOM INTERROGATIF
quoi: quaye    qu'est-ce que: qui que, qui que n'ya   où: euyou
 
L'ADJECTIF INDÉFINI
queuque   
 
LE PRONOM INDÉFINI
yun   l'âoute  teurtous
 
LE PRONOM RELATIF COMPOSÉ
le sien qui,   la sienne qui,   les siens qui,  les siennes qui
 
L'ADJECTIF OU PRONOM NUMÉRAL ORDINAL
pronmieu, deuxien-me,  toisien-me,  deurnieu
 
LE PRONOM PERSONNEL
 - troisième personne            il            elle           ils        elles
devant consonne:                  i               a              i             a
devant voyelle:                       il             alle          il           alle
-  formes atones: meu, teu, leu, la
- formes tonique: maye, taye, li, yelle, yeux, yelles
"J'eu  maye vu un-ne vilain-ne béte mais ils l'ont yeu point vue; la v'là yelle monteu su la méson; va pourtant ben fallar la ramneu en bas, ça s'ra taye ou maye, mais sument pas li, qui ira la chercheu."
- première personne du pluriel: je + désinence -ons, ou bien on + verbe + nous :
"J'avons pourtant gueure le temps"  "On a nous d'la heur avec ceuti-là".
  agglutination au radical du verbe dans l'interrogation:
mangez-vous ?  mangeous ?  venez-vous  vnous   voulez-vous  vlous   voyez-vous veuyou
 
LE VERBE
Indicatif présent
AVOIR avar, avaye
j'eu, tuas, il a, j'avons, vous avez, il ont.
ALLER alleu
jvâ, tu vâs, i va, j'allons, vous alleu, i vont
BOIRE bare
je baye, tu bayes, i baye, j'beuvons, vous beuvez, i beuvent
DIRE dire
je dis, tu dis, i dit, j'disons,  vous disez, i disent
FAIRE fére
je fais, tu fais, i fait, j'faisons, vous faisez, i font
VIVRE vive
j'vive, tu vives, i vive, nous vivont, vous vivez, i vivent
VOIR vare, vaye
j'vaye, tu vayes, i vaye, j'veuyons, vous veuyez, i vayent
 
Indicatif imparfait
AVOIR
j'avâ, tuavâs, il aveu, j'avions, vous avieu, il avâ
ÊTRE
j'étâ, tuétâs, il éteu/ i teu, j'étions, vous étieu, il étâ
aphérèse de initial dans les formes négatives je n'tâ, i n'teu
 
Indicatif futur simple
AVOIR 
j'arai, t'arâs, il ara, j'arons, vous areu, il aront
ÊTRE
je sreu, tu srâs, i sra, je srons, vous sreu, i sront
PRENDRE pren-re
j'prenrai, tu pren-râs, i pren-ra, j'pren-rons, vous pren-rez, il pren-ront
SAVOIR 
je sareu, tu sarâs, i sara, j'sarons, vous sarez, il saront
 
Indicatif passé simple
ÊTRE et ALLER
j'fus, tu fus, i fut, ..., i furent
"Je fus ou bourg la deurnieure semain-ne"
MONTER
j'montis, tu montis, i montit, ..., i montirent
Pour les verbes du premier groupe, le passé simple est en -i- et non en -a-
 
Indicatif passé composé
AVOIR
j'eu yu, tuâs yu, il a yu, j'avons yu, vous aveu yu, il ont yu
ÊTRE et ALLER
j'eu éteu, tuâs éteu, il a éteu, j'avons éteu, vous aveu éteu, il ont éteu.
 
CONDITIONNEL PRÉSENT
VOULOIR 
je vdrâ, tu vdrâs, i vdreu, j'vourions, vous vouriez, i v'drâ
 
SUBJONCTIF
Le subjonctif est remplacé par l'indicatif ou le conditionnel.
Faureu qu'j'le sareu d'avance. J'voudrâ qu'i vient pus tôt dans la riciée.
 
REMARQUES
- Pas peut être supprimé dans le système négatif :
I n'peut s'en passeu; je n'peux m'en aideu.
- L'article défini peut remplacer le possessif :
V'là c'que nous répéteu le vayesin-ye: "Quand on éteut à tabe pour l'dîneu, le pére v'leut pas qu'on précheu, n'y aveut asseu du grand-pére qui foleuyeu à mintyeu quand ç'ateu point l'valet qui grongneu à longue de jou".
 
UN TÉMOIGNAGE DE 1730
   Les archives notariales du XVIIIe siècle contiennent un acte rédigé par deux personnes différentes; la première écriture, hésitante et maladroite, correspond à un passage nourri de fautes d'orthographe; on découvre ensuite une autre écriture, sans caractères particuliers par  rapport aux autres actes. 
Le premier passage de cet acte pourrait avoir été rédigé par un apprenti clerc;  l'intérêt de ce document est de comporter quelques formes dialectales. Soit que le rédacteur ait écrit selon son propre parler, soit plutôt qu'il ait transcrit exactement, en toute ingénuité, le parler qu'il entendait.
25 octobre 1730: "Sont Deux Lottyes des maison terres et heritages apartenants a pierre Chotard et marie Seguineau sa femme, et Julien Gastepaille et perrinne Seguineau aussy sa femme Icelle Seguineau héritiers de defeunt Pierre Seguineau leur frere [...]
Pour premiere lotty Savoire est au village de la Rennais Dans la paroisse de bouveron la mitié dune meizon bastis de pierre de masonne couverte dardoize double de sont planche aprandre ladite moitie lebout ver oriant dans le quel est la cheminne et chafauge aveque sarus au devant de la Segonde lotty sortant a la porte de la largeure de Dix piee aboutant ver midy a la rus de la nu delateris cy apres du coute doccidant a la Segounde lotty contenant dix huit piee de largeure depuis le coin du mure qui fet la clouture du Jardrin [...] dans la meme gagnnreris de la roullais au reage aboutant sur la lande de beszou [...] proche la vallee un peti pree apelle le pree clous bourne du coute de [...] dans la meme ganneris au reage aboutant sur la lande du beszou. "
La forme segonde trahit une transcription proche de l'oralité du texte; quant aux aspects dialectaux, on les repère dans le vocalisme ou au lieu de o, coute pour côté, clous pour clos, bourne pour borné et clouture pour clôture; la nasalisation probable dans cheminne, gannerie, gagnneris; quant à jardrin, il s'agit bien d'une forme dialectale (Dictionnaire de Bouvron p.195).
 
 
 
 
 
 QUATRIÈME PARTIE
 
 
HISTOIRES en PATOIS
 
 
 
   Ces  histoires sont issues de la Gazette de Bouvron, recueil de textes en patois pour l'essentiel, constituant une chronique de la vie bouvronnaise de la fin du XXe siècle et de ce début de XXIe siècle.  Il importe en effet de participer à l'immortalisation de nos sieurs Jourdain, Tartarin et Trissotin, ou des teurpiédiques Triades circonvoisines et escarbagnacesques.
    Chacun a entendu parler du garçon meunier Toussaint Cadoret, né à Savenay, ou à Campbon selon certains, à la fin du XIXe siècle. 
     Ces histoires ne se lisent qu'à voix haute, est-il nécessaire de le rappeler.
 
 
Faux nobes mais vrayes lorieux
 
Toussaint s'en est v'nu var le pére Gus; i sont à bare un-ne bolée d'cite ou cul d'la barrique. On y boit teurtous ou pichet crassoux.
- Dis don, Gus, tu parles, taye, d'un réchâouffement d'la planéte, conme i disent, eux âoutes, les siens du poste. Jainmé depé ben longtemps j'eu maye vu un éteu oussi freu.
- Freu et mouilleu qu'tu d'vrâs dire, Toussain-ye. C'est un-ne vraye an-née d'éou, avec toute la pyé qui n'arreute point d'tombeu.
- Vai, i fait freu, tu peux  l'dire. Vai, n'y a d'là pyé. Mais ne dis pas, Gus, que c'est un-ne an-née pyeinne d'éou. Pour ça, non.
- La pyé, c'est-i point d'léou ?
- Sya, c'est d'léou. Mais j'dis, maye, que c'est point un-ne an-née d'éou vu que n'y a, cette an-née, des ponmes tant qu'c'est ben asseu.
- Ma faye, j'te comprends point, Toussain-ye.
- Mais réfléchis don un p'tit, Gus. V'là deux ans qu'j'eu la peupille. Deux ans ! Pus d'ponmes, donc pus d'cite. Et maye, meunieure d'écononmiseu l'éou, j'baye qu'du cite, et depé toujou. Tu seus ben, Gus, n'y a deux ans, c'est l'freu qu'a béseu les fleurs des ponmieus, n'y a un an, ç'ateu les chattes qu'ont yelles tout mangeu, les feuilles conme les fleurs. Du coup, pus d'ponmes, pus d'cite. Deux ans qu'j'eu la goule seuche. Alors, cette an-née, j'compte ben m'rattrapeu..
J'eume ben les champs.
J'eume mieux les vergeus
Où n'y a tous les ans
Des si bons ponmieus.
et des si bon-nes ponmes oussi
Qu'c'est un vraye piaisi
D'en bare le cite.
Oh! les bon-nes pichtrées !
Oh! les bon-nes lampées !
Ou cul d'la barrique,
Dès l'matin-ye.
Ou printemps oussi
C'est maye qui vous l'dis,
J'eume ben les vergeus
Avec lou ponmieux en fleurs:
Ça r'pose du labeur.
J'eume ben m'endormi
Sous les ponmieus siouris;
Si vous r'venez dans les tois heures
Vous m'trouverez couvert de fleurs.
À la vote teurtous, à la mien-ne surtout !
 
 
(en cours de réalisation)
 
(en attendant la suite de cette histoire, on lira avec le plus grand profit
l'ouvrage de Nicolas-Philippe Piot, intitulé Noms dits et autres friandises, en particulier la page 265)
 
 
 
Nous Zélus
 
 - Les v'là core à ragaleu lou vieux papieus pour lou cérémon-nies.
- De queinnes cérémon-nies préches-tu, Toussaint ?
- De celles de la guérre de 14; t'as pas taye oussi des papieus su c'te guérre, Gus ?
- Tu seu, maye, lous anniveurséres, i frâ ben mieux d's'occupeu d'lav'nir.
- T'as vantié rayeson, Gus. Vai, i faut sûment féliciteu nous héros qui sont tombeu ou champ d'hon-neur, conme i disent, vai. Mais, conme taye, i faut vare l'av'nir d'Bouvron et féliciteu nous zélus. En v'là du monde qui sont du bon monde, qu'nous zélus. 
 
(en cours de réalisation)
 
 
 
 Toussaint, un drôle de paroissien
 
- J'te l'avâs dit, Toussaint, les siens d'Campbon ! i nous l'ont prin-ye !
- I nous l'ont prin-ye ? mais de qui qu'tu préches, Gus ?
- Ben dame, d'noute cureu, ma faye, vu qu'i nous quitte à la fin-ye du mois d'a-oût.
- Qu'i nous quitte, qu'tu dis ?
- Vai, qui nous quitte, Toussaint . Saint Victor dans l'temps, noute patrimène depé gueure de temps, et méseu, noute cureu ! Les sapreu lorieux ! Vai, ça deut se chongeu sument pus saint qu'nous âoutes, les siens d'Campbon, pour creure mériteu un cureu paraye pour lous anciens.
- Vantié ben; mais aveut-i besoin-ye oussi, voute gars d'Bouvron, d'sen alleu hucheu sus les toits, dans ses lives, qu'le cureu d'Bouvron et Fay teut un ben bon cureu ? Pour sûr qu'ça fait d'la jalousie dans les paroisses alentour d'Bouvron et Fay. Quand qu'tu'as du bon cite dans un-ne barrique, vas-tu le hucheu à tous les coin-yes d'rue, paraye Gus ?
- Dainme non, putôt fronmeu sa goule et l'ouvri reuyen qu'enteur saye, pour bare un bon coup; core sûr  sinon qu'j'arâs toute la contrée qui vienreu m'baiseu des verres et core des verres.
- Eh ben, pour noute cureu, c'est paraye. Quand c'est qu'on a un bon cureu con-me ceuti-là, on va pas s'en vanteu. On s'le garde pour saye. Tu chonges ben qu'à couteu d'Bouvron et d'Fay, tu'avâs du monde qu'aveut qu'ceula à faire, que d'écouteu c'qui s'dit à Bouvron ou Fay, et l'rapporteu à l'évécheu.
- Vai, mais c'est pourtant point taye, Toussaint, qui garnisseu le pus souvent les bancs d'noute église.
- J'eu fait mes con-meunions et tout l'reustant, Gus, du temps qu'mes parents vivâ core. Je seu point savant, mais j'con-nais core mes oraisons en latin-ye, teurjous quéqu'un-nes.
- Et rapport à quaye don qu'tu y vâs pus, à noute église ?
- J'te dis qu'je con-naissâs ben mes d'votions, mais en latin-ye. Mais depé qui se sont min-ye en téte de tout t'dire dans la langue de tous les jous, de t'précheu dans la langue de s'main-ne, ça n'est pus l'dimanche. Tiens, c'est con-me les hardes, si tu veux alleu par là. Anneu, tu vayes le monde qui méttent lou hardes du dimanche sus la s'main-ne et qui s'en vont coure dans les rues l'dimanche pouilleu con-me i d'vrâ d'éte sus la s'main-ne, quand i sont core pouilleu et pas en gilet d'corps et en cain-neçon. Quand ç'ateut en latin-ye, tu savâs euyou qu'tu'étâs, vu qu't'avâs fait ton catéchisse. Asteur, on t'préche con-me si tu'étâs dans la rue.
- Vai, mais ou moins, tu comprends c'qui s'dit  pendant la mésse.
- Et core, et core ! C'est-i vu que c'est dans la langue de s'main-ne qu'le monde i compreunent mieux ? qu'é qu't'en chonges, Gus ? J'dirâs putôt qu'il en compreunent core moins. Je chonge point qu'c'est des mots que n'y a à comprende à la mésse ...
- Toujous est-i que tu y vâs pus, et quand qu'on veut point y alleu, on a toujous des déblâmes.
- Juge don point trop ceux qui y vont point. Et pis, vayes-tu, Gus, j'y seus core alleu quéque temps, à des fétes ou des enterrements. Mais la faye que j'eus yu le pus d'mâou à résteu, ç'a éteu le coup de la seuchrésse de 76. Un-ne sale an-née que cette-late, paraye Gus ?
- Vai. I nous ont tout détraqueu l'temps avec lou progrès. Et méseu, les siens qui veulent d'éte modernes, avec lou grous champs d'mayi,i s'méttent à arrouseu à longue de jou et d'neu, tant qu'c'est ben asseu, avec lou puits arteusiens conme i disent, et lous grous tuyaux sus roues qui t'jeutent outant d'éou sus les routes qu'sus les champs, qui peutent et qui peutent ! et lous drain-nages qui t'enleuvent d'rang un-ne bon-ne part d'l'éou ! Du coup, dainme, le soulaye a point d'mâou à asseucheu l'éou que n'y a d'resse sus l'teurrain. La seuchresse, alle est méseu outant en-dessus qu'en-dessous la terre. Il sont en train de nous teurir toutes les fontain-nes avec lou mécaniques et tout l'teuryolon !
- Vai, Gus. Toujours ben que dans quéques villages, du couteu euyou que je d'meure, n'y a pus d'éou dans les puits à l'éteu, et quand que n'y a d'l'éou, n'y a, conme i disent, des nitrates dans ton éou. Du coup, si tu'as d'l'éou dans ton puits, tu peux pus en bare vu les nitrates; et quand que n'y a pus d'éou dans les puits, dain-me, te v'là forceu de pus en bare, vu qu'i t'ont tout béseu. Que veux-tu, Gus, i t'resse pus qu'le cite !
- Sûr que si la seucheresse de 76 veneut à s'ente-rev'nir, n'y areut ben du mâou. 76 en tout cas aveut déjà ben fait du mâou ès cultures et ou monde.
-  Vai ! Gus, ça, tu peux l'dire. Ça éteut la seule faye, falleut-i qu'j'étâs rendu, vai, dain-me, mes gars ! ça éteu la seule faye qu'j'eu maye fait des d'votions pour avar de l'éou ! Maye, d'mandeu d'l'éou !
- De l'éou pour les récoltes, tout d'mein-me, Toussaint ! et surtout pour tes ponmieus et lou ponmes à cite !
- Vai, mais j'eu d'mandeu d'léou, tout d'meinme ! Toujours est-i qu'nous v'là donc teurtous siéteu dans l'église à faire des oraisons pour la piée qui n'aveut pus tombeu sus la contrée depé des s'main-nes et des s'main-nes qu'c'en éteut un-ne vraye catastrophe. La mésse teut don yelle point en latin-ye et me v'là siéteu, ben aise core d'éte à l'ombe et un p'tit ou frais. Les églises, quand i fait châoud, c'est core l'endreut, avec les ceulieus, à éte le pus c'modes par grandes chaleurs. Me v'là don siéteu, avec un-ne r'vollée de  peupille qui m'ragaleu la goule, mais on éteut là pour d'mandeu d'léou. Le cureu, pas l'sien d'asteur, un âoute, montit à l'autel. I teut chonmeu à r'gardeu l'monde, vu qu'asteur c'est ou monde qui s'adreussent nous cureus, et pus gueure ou Bon Dieu. I conmencit à s'laveu les mains. I continuit ses d'votions. Apreu un monment d'temps, noute cureu présentit le vin à consacreu. C'est là qu'maye j'eu cru avar du mâou. Chonge qui faiseut ben châoud ou déhors, que j'éteus là à bacoeureu un p'tit, mais falleut pas grand chouse pour attiseu ma peupille. Et v'là-t-i pas qu'i dit: "Prenez et buvez", et t'es là, taye, siéteu, en nage, on t'dit d'bare, et pis, beurnique ! t'as jusse doit à reuyen, pas un-ne goutte, reuyen ! Et un p'tit pus tard, quand tu vayes l'cureu bare tout seul sa bolée d'vin bianc, tu t'dis quand meinme que c'est gueure chrétien d'laisseu l'monde à r'gardeu le cureu bare sans t'offrir un bon coup, vu que taye, tu passes pas ton temps dans un bréviaire. Pour sûr que c'est pas ceula qui use un bon-honme que d'éte à mourmousseu , à longue de temps, dans un bréviaire. Taye, t'as conmenceu à travailleu ou monment euyoù que l'soulaye s'est l'veu. Quand arrive la riciée, ben des fayes t'arâs pu teurzaleu vu le châoud qu'i fait, forceu qu'tu'es de ragaleu dans tous les racoins, de ragâtonneu, de ragouineu; tu t'dis qu'tu tienrâs point juche qu'ou saye, qu'tu es d'mode de passeu d'lâoute bord, qu'tu es raide fou de voular travailleu par un temps paraye, quand d'âoutes sont ben à l'ombe à lire dans lous lives ...
- C'est taye qui dis ceula, taye ! Toussaint Cadoret ? pus souvent sietteu sous les ponmieus ou ben chonmeu ou cul d'la barrique !
- Pus tu travâilles, Gus, pus t'as besoin-ye de teur rposeu, sembe-t-i. Si jeu me rpose, c'est qu'j'en eu besoin-ye. I faut ben un coube d'heures au moins pour bacoeureu. De quein-ne part j'arâs-t-i pus dreu d'faire marieinne ? J'eu-t-i point doit de m'récâoupir ? Et pis, quand qu'i fait châoud, c'est point bon pour la santeu d'se présenteu sous l'soulaye. Ça fait qu'maye j'comprends pus l'monde à c't'heure: i vont s'grâleu ou soulaye, ben lin-ye, sans yéte forceu; arriveu sus piace, i s'badigeon-nent de grésse pou qu'le soulaye i lou bése point la péou, mais c'est à c'ti-là qui s'ra le pus ou soulaye. I s'en don-nent-t-i d'la heur ! I  s'allongent un coup sus l'vente, un coup sus l'dos, pour ben s'grâleu la péou, des deux couteus, et un p'tit d'grésse à chaque tournant, tu dirâs les poulets qu'i méttent à routir, à l'éteu, dans les rues, pour les tourisses et tout l'reustant. C'est bian quand ça s'allonge; la riciée, ça vire ou rouge; le lendemain, lou péou de poulets grilleus est putôt conme un-ne péou d'échalottes, vu qu'lou péou conmence à s'enlveu par piaces. Quéques jous core pus tard, lou péou est devnue oussi gâre que j'chonge gueure point qu'i vont s'ente retourneu chez ieux pus béou que quand i s'en s'ont vnus. Et pis, tous ça lou coûte-ti des sous ! Sembe-t-i qu'i frâ ben mieux de s'métte, conme maye, à l'ombe chez ieux : ça lou coutreut reuyen et lou péou s'reut oussi bianche, mes garsailles !
- Vai, mais taye, Toussaint, de t'allongeu, c'est point ça qui fait avanceu le travâil. 
- Vantié, Gus, mais ça sert teurjou à reuyen d's'émayeu juchequ'à en éte ébeusteuoui. On n'embon-nit gueure à coure à longue de jou, à teurpilleu quand ça n'avance pus. L'monde d'asteure, i courent apreus l'temps, vu qu'i n'en ont pus gueure qu'i t'disent core, quand tu vayes tous lous congeus que ça a ! Ben mieux, core, pus lous autos a vont vite, moins il ont d'temps. Et pourtant i disent qu'i vont pus vite pour gagneu du temps ! I vont  bentout tous foleuyeu; et maye je s'reus core sous mon pon-mieu, vai, sûment pas pus riche le saye qu'le matin-ye, mais j'areu core mon temps.
- Vai, vai. Tu seus ben précheu, meinme si c'est pas en latin-ye. Mais le monde te vayent gueure coure les ch'min-yes pour alleu travailleu.
- Le monde, vantié ben, mais noute ancien vicaire, i m'a ben vu capabe de coure les ch'min-yes, et core avec li.
- J'arâs ben v'lu vare ceula; ç'ateut sûment point pour des oraisons ni pour li aideu.
- Quand qu'tu préches avec un cureu ou un vicaire, vu qu'c'est du monde qu' a étudieu pour précheu ou monde, tu aides ou cureu quand qu'tu li préches.
- Toussaint Cadoret conme vicaire, c'est nouvéou core ceula !
- Écoute, Gus, chacun fait ses oraisons ou Bon Dieu conme i l'entend; n'y a pas qu'les pus d'votieux pour savar précheu ou Bon Dieu. Toujous est-i  que, n'y a ben des an-nées, j'm'en étâs alleu var d'la parenté un p'tit du couteu d'la Madeleine, sus la paroisse de Fay. Un-ne faye que j'avâs yu fini ma visite, j'm'en étâs r'parti à m'en alleu, à pieu, pour rejoinde le bourg d'Bouvron. Arriveu à la coisée d'la Madeleine, je rencontris un p'tit vicaire qui s'en r'veneut d'la chapelle, tout en lisant son bréviaire.
- Ben l'bonjour, monsieur l'vicaire, que j'l'i fis.
- Bonjour, mon fils, qu'i répondit, sans trop reulveu la téte de son live, conme si s'teut point aviseu d'maye. J'eu cru l'ouïr mourmousseu. I veuyeut sûment l'coup qu'j'alleu li coure aprés. Et i n'aveut gueure tort, le vicaire.
- All'ous ou bourg, monsieur l'vicaire ?
Du coup, i s'arrêtit, me r'gardit, beursillit un monment :
- Je dois, mon fils, visiter quelques malades vers la Buchère et Herpion.
Et i se rmin-ye à lire son bréviaire, en forçant le pas. Mais maye, trop fieur de pouvar traveurseu un bourg, conme ceuti-là de Fay, en compeugnie d'un-ne soutain-ne, tu parles d'un coup d'arrive ! je force le pas, à grande ajambée, meinme si l'temps teut putôt à bacoeureu un p'tit. Mais tu t'sens d'attaque dans ces cas-là, mes garsailles ! J'avâs ben comprein-ye qu'le p'tit vicaire v'leut gueure du gars Cadoret avec li. J'me taisis don conme je pus, vu que je v'lâs point l'édodeu avec mes histouéres; et nous v'là à traveurseu le bourg de Fay. On arrivit à la coix Codè, et li de salueu la coix. Maye, je passis sans reuyen d'pus. On continuit noute chemin-ye, et li core de salueu un-ne âoute coix. I chongit d'éte débarrasseu d'maye en quittant la route de Bouvron, mais, béseu le p'tit vicaire, j'le suivis d'rang, vu que j'avâs dans mon idée de m'en rev'nir par la châoussée de Vilhouin. Et le p'tit vicaire de salueu core une-ne coix. On finit par devar se sépareu. Ou monment d'se quitteu, il v'lut me poseu un-ne queussion:
- Mon fils, j'ai bien remarqué que vous n'avez pas daigné saluer les croix devant lesquelles nous sommes passés en chemin, et cela, bien sûr, vous regarde ... 
- C'est ben précheu, monsieur l'vicaire.
- Certes, mon fils. Néanmoins, j'ai cru remarquer, bien que je fusse plongé dans mes méditations, que vous leviez votre couvre-chef en certains lieux, mais que je n'ai pu exactement déterminer. Pourriez-vous m'éclairer sur votre attitude ?
- Dainme sia, monsieur l'vicaire. Je seus ben, maye oussi, enl'veu ma cassiette, quand j'passe sus les ch'min-yes. Sauf vote respect, monsieur l'vicaire, c'est la Nature, ou voute Bon Dieu, si vous eumez mieux, que je salue.
- Plaît-il, mon fils ?
- Plait-i quaye ? En tout cas, c'est toujous ben voute Bon Dieu qui fait pousseu les arbes ?
- Les arbres, mon fils, ont en effet été créés par Dieu. Ils sont, comme vous et moi, créatures de Dieu, et nous devons, comme telles les respecter.
- Ah ben, ça, monsieur l'vicaire, j'eus ben la meinme religion qu'vous. Pasque, pour ce qui est du reuspect, j'les reuspecte, les créatures d'voute Bon Dieu.
- C'est bien, mon fils. Mais les créatures du Bon Dieu sont diverses et variées ...
- J'eu point toutes vous con-naissances, monsieur l'vicaire. Maye, le reuspect que j'porte ès créatures, i va pas pus lin-ye qu'noute contrée.
- Pouvez-vous être plus précis, mon fils .
- Ah sia, pour ceula, j'peux éte pus précis, conme vous dites, monsieur le vicaire. Les créatures d'voute Bon Dieu que maye je salue, c'est les vergeus avec lous ponmes.
- Les pommes, si vous voulez, mon fils, sont bien des créatures de Dieu.
- Conment ça, que si j'veux; c'est vous, monsieur l'vicaire, qui m'aveu dit ...
- Oui, bien sûr, c'est la nature qui donne les fruits, et la nature a été créée par Dieu. Mais pourquoi les pommes plus particulièrement, mon fils ?
- Ben voyons, monsieur l'vicaire. Si c'est Dieu qui a don-neu la nature, que la nature a don-neu les ponmieus, que les ponmieus don-nent les ponmes ...
- Je vous écoute, mon fils.
- Eh ben, monsieur l'vicaire, les ponmes don-nent le cite. Et  c 'que j'eume, maye, monsieur l'vicaire, dans les ponmes, c'est le cite qu'on en fait, et le cite m'don-ne ben du piaisi. Compreun'ous, monsieur l'vicaire ? Et pour le cite, monsieur l'vicaire, j'creu, sauf vote reuspect, que j'eu pus d'connaissances que vous sus l'sujet !
I reustit tout beursoin, le p'tit vicaire. Je creus ben qu'i s'en r'partit pus rouge que s'il aveut fait dix fayes le tour de la paroisse en courant, jurant ben qu'i lireut pus jainmé son bréviaire en compeugnie de Toussaint Cadoret ! V'là c'que c'teut d'fréquenteu du monde de d'mein-me.
 
(en cours de réalisation)
 
 
 
CINQUIÈME PARTIE
 
 
DIALECTE et TOPONYMIE
en LOIRE-ATLANTIQUE
 
 
 I
 
 Dialecte et hydronymie en Guenrouet
 
 
   Guenrouet est une commune voisine de celle de Bouvron; le ruisseau qui a donné son nom au bourg de Bouvron se jette dans l'Isar, devenu le canal de Nantes à Brest, et qui traverse toute la commune de Guenrouet. L'Isar vient de la racine hydronymique pré-latine *is avec le suffixe atone *-ara; il est à rapprocher du nom de la rivière Isère, mais aussi de l'Isar bavarois. Mais, depuis le XVIIe siècle, ce nom a été altéré par rapprochement avec les toponymes en -ac sous la forme Isac. Le -r final tout comme le -c final ne se prononçant pas, les clercs ont cru voir un ancien nom en -ac (se reporter au site Bouvron-Haute-Bretagne, la rubrique "Bouvron et ses villages").
    Le village de Brivé est un ancien siège de frairie; il se trouve sur la rivière le Brivet mentionnée, en grec, au IIe siècle par Ptolémée "briouates limen" et en latin en 1123 "Briuatae fluminis". Ce village se situe sur le passage d'une voie antique. Était-ce là que se trouvait le pont gaulois, puisque ce nom vient du gaulois briva qui signifie "pont" et qui aurait donné son nom au ruisseau; ou bien le contraire, le ruisseau ayant donné son nom au village. Mais où serait le pont gaulois : en Pont-Château, ancien siège de la seigneurie du Pont ?
   Des termes dialectaux se retrouvent dans la toponymie de Bouvron et de Guenrouet. Ainsi, Les Doussais, prononcé "Les doussaye" est à rapprocher du village Le Doucet prononcé "Le doussaye" en Bouvron. Il provient du latin dux dans le sens de "source, conduit d'eau". Ce toponyme est fréquent dans la toponymie de la moitié nord de la Loire-Atlantique sous les formes le/la/les Doussais, par exemple en Blain, Malville, Savenay.
   Le ruisseau séparant les communes de Bouvron et Guenrouet provient de l'étang de Maudoué, prononcé Mâoudoueu, attesté dès 1475 avec la fontaine de Maudouet. Ce toponyme est composé du préfixe mau- "mauvais" et du nom doué signifiant "ruisseau". À ce "mauvais douet" semble s'opposer Beaudouet, ancienne seigneurie en Fay-de-Bretagne, située près d'un ruisseau, que l'on retrouve en 1681 avec l'étang de bodoet. Non loin de Maudoué, en rencontre en Quilly le village de la Douettée traversé par un ruisseau et un autre village appelé aussi la Douettée en Guenrouet, sur un affluent de l'Isar.
   La prononciation dialectale est parfois source de confusion. Ainsi, en Guenrouet, le lieu appelé La Berrandré est-il prononcé la bellandré, qui en effet, sur le cadastre napoléonien est orthographié la Belle Andrée. Ce lieu est situé sur la rive sud de l'Isar tandis que sur la rive nord de l'Isar il est orthographié la Berrandré. Il s'agit en fait d'un même lieu-dit séparé par la rivière canalisée. André est bien l'anthroponyme qui se retrouve dans une pièce de terre voisine appelée le Bois André et attestée en 1627 ainsi: "pièce de terre située pres les boys andrez (...) pré appellé la baire andré". Étant donné sa situation, ce toponyme renvoie au mot du pays nantais boire "petit bras de rivière ensablé ou marécageux", "mare". Le même mot, sous des formes différentes, désigne divers lieux de Guenrouet: la Boire, dont l'un représente une mare; les archives mentionnent, en 1541 "la bayre de landruet" et en 1658 "un petit pré appelé la boire du maçon restant (...) d'aultre coste la riviere d'Ysac" ainsi qu' "un petit canton en terre et isle appellé anciennement le Redoué et maintenant la petite Baire". Ces lieux pouvaient représenter une brèche le long de l'Isar afin que les animaux aillent s'y abreuver. Campbon connaît le Ruaud de la Boire. En Savenay se trouve un composé de Boire avec la Bimboire  noté "binboire" en 1538, "la binbouere" en 1586. Pour ce qui est de Guenrouet, les archives mentionnent, en 1540, un "pastiz de la bimboueir", en 1570 un "champ de la bumbouere" et en 1671 "le moulin de la bimbouëre" près de l'Isar. Les terres nommées la Bimboire, en Bouvron, sont traversées par un petit ruisseau.
   Les cours d'eau prennent naissance à des sources que l'on retrouve dans divers toponymes. Ainsi, en Bouvron, la source appelée Fonfaizon, prononcé fonfayezon, nom composé du latin fons "la source" et d'un deuxième élément qui fait difficulté. D'autre part, on rencontre de nombreux lieux appelés la Fontaine, un Fonteny de l'ancien français fontenil "endroit où l'eau sort de terre par plusieurs petites veines" et diverses petites fontaines, les Fontenettes. Après le bourg de Notre-Dame-de-Grâce se trouve le village du Pré-aux-Sourds, c'est-à-dire "aux sources".
    Un autre nom évoque la source: le Bignon, avec le village Les Bignons en Guenrouet, évoqué en 1609 par "la fontaine du bignon". Non loin des Bignons se trouve le lieu-dit les Mortiers, près des Marais de Brivé et les Mortrais. Le mortier désigne un endroit boueux, le mortrais représente un ensemble de trous remplis d'eau dans un champ ou un pré. La boue se retrouve évoquée dans le nom les Braies, en Guenrouet.
    À la limite des communes de Guenrouet et Bouvron, au nord du village du Bignon, de part et d'autre du ruisseau venant de Maudoué, se trouvent des prés, inondés en partie l'hiver, marécageux les autres saisons: les grands Fourbillons sur le cadastre de Guenrouet et orthographiés à tort sur le cadastre de Bouvron Fermillon. Ce nom est bien attesté dès le XVe siècle: "forbillon" en 1440, "fourbillon" en 1478, "la fontaine de forbillon" en 1480; faut-il rapprocher ce toponyme de Bourbillon, lieu boueux ?
    Guenrouët présente des traits caractéristiques dialecte de la région: la diphtongue finale [âou] comme dans l'Épeau; la palatalisation de g+l comme dans l'Ongle, la différence entre les finales [aye] écrite généralement -ay dans les textes anciens, [â] écrite -ais et [a] pour -ac. Notons cependant l'existence de traits phonétiques différents entre la rive nord (rive droite) et la rive sud (rive gauche) de l'Isar, s'expliquant en partie par l'importante superficie de la commune, de 6971 hectares; celle-ci se divise en effet en trois secteurs: autour du bourg de Guenrouët, point central, du Cougou, village avec sa chapelle Ste Anne, et de Notre-Dame-de-Grâce, bourg avec son église, sa mairie annexe et ses écoles.
 
 
 
II

Dialecte et toponymie en Bouvron et Campbon
 
   La prononciation usuelle des toponymes bouvronnais distingue nettement, à l'exception de la zone jouxtant Campbon, les finales -ay prononcée aye et -ais prononcée â. Pourtant, la prépondérance de la finale -ais en Bouvron a amené des finales -ais là où l'on avait jusqu'ici -ay, comme pour Gavalay par exemple. Non seulement on a la forme Gavalais, mais on va jusqu'à la faire précéder du déterminant la, d'où l'inepte la Gavalais. L'uniformisation analogique sévit à l'autre bout de la commune avec le Cornolay, prononcé le cornolaye, corrompu non seulement en le Cornolais, mais désormais en la Cornolais. Que dire du Pont Glay, prononcé le pon yaye, glissé vers le Pont Gloë, de Frelay, prononcé feurlaye, frelaté en Frelet. Les exemples abondent, l'obscurantisme se porte bien. 
    En Bouvron, la finale issue de -atu est prononcée eu, tandis que la finale -ée issue de -ata est prononcée é; d'où par exemple la distinction entre un pré, prononcé preu, et une prée, prononcé pré. Quant au suffixe -aie ou -ais issu du latin -eta pour désigner un groupe d'arbres, il est prononcé â. À Campbon, la prononciation est différente, selon l'ALBRAM. Dès lors, le parler de Campbon teinte de ses accents le secteur allant de Gavalay à la Fleuriais, avec une petite touche vers Calan. En Bouvron on parle en "eu" dit-on, mais vers Quilly c'est en "euye". La frontière dialectale passe à la hauteur de l'Hôtel Guitton et l'Hôtel Furet; ainsi, au Bois Lesné, la prononciation est bouvronnaise, à Gavalay et la Guichardais, campbonnaise. D'où la double prononciation du  nom la Fleuriais par exemple "la syourâ" et "la syouraye".
 
 
 
III

La prononciation dialectale de toponymes du Nord-Ouest de la Loire-Atlantique
 
 
Les noms en -ac. 
 
     Le -c final s'est amuï dans la prononciation, d'où des confusions avec les finales -al, -at ou -ar dans les transcriptions manuscrites. Cependant, la prononciation permet souvent de rétablir les finales d'origine.  Les noms en -éac ont quant à eux parfois une double prononciation dialectale en ou en -ia, variantes dues probablement à une variation de la place de l'accent :  "feugrè" ou "fégueuria" pour Fégréac, "sordè" ou "sordia" pour Sordéac.
     Sinon, voici quelques exemples  de la prononciation des toponymes issus d'un ancien -acum :
   Le [eu] à l'intérieur d'un mot: Avessac prononcé "aveussa", Fégréac "feugrè", Quéhillac "queuya", Sévérac "seuvra".
   Voyelle nasalisée devant consonne nasale  Maumignac "monminya".
   Insertion de la voyelle d'appui [e] dans une syllabe comprenant une consonne + r + deux voyelles: Le Breillac "leberya", Croisac "kerouaza".
  L'inversion du r et du e dans les syllabes composées d'une consonne, d'un -r- et d'un -eDrefféac "deurfè", Gavressac "gaveursa".
   La diphtongue aou: Caussac "kaoussa". Cette diphtongaison s'explique par la conjonction du a latin tonique et du  l qui s'est vocalisé en u au contact de c de *Calciacum.
   Reste le cas curieux de Malnac "meunna" qu'on peut mettre en parallèle avec le breton Melneuf écrit Mesneuf au XVIIe siècle.
 
Les noms bretons. 
 
  -é final prononcé "eu". Pembé "pimbeu", Carguemé "carguemeu", Couasmé "couâmeu", Plessé "pyèsseu".
  -les signifiant "cour" présente des variantes phonétiques: Hinlais "inlaiye" en Plessé, Heinleix "inlé" en Blain, Helé "élé" en Donges noté "heinleix" en 1420; Branleix "branleuye" en Avessac.
   -eux ou -euc. Il convient de noter la double prononciation de Clégreux en Vay: [syégreu] et [klégreuye]. En outre, on retiendra l'hypercorrection qu'a subie Caletré en Plessé. La finale d'origine est bien-euc, variante haut-bretonne de -ec. Or, la prononciation [eu] aura fait croire, au clerc, qu'il s'agissait d'un mot "mal prononcé" par le paysan. L'on a ainsi droit à une belle terminaison en , alors que le mot se dit toujours [kalètreu].
   Cette finale, dont le -c final s'est amuï, a également conduit à une autre confusion. L'adjectif français neuf, prononcé [neu], entre en composition dans de nombreux toponymes, comme deuxième élément: le pré neuf ou le clos neuf par exemple. Quand celui-ci avait la prononciation finale [eu], le clerc rétablissait dans la graphie un -f final. C'est ce qu'il a cru devoir faire pour des noms qu'il ne savait pas bretons sans doute. Greneux s'est ainsi écrit "gresneuff" en 1679; Melneuf encore aujourd'hui, Mesneuf dès 1661, et Melleneuf en 1692, alors que c'était Melleneuc en 1407 et 1785 aussi. le Grand Siècle, en criant haro sur les dialectes, a transformé des érudits locaux, singeant les singes de Cour chers à La Fontaine en autant de Comtesses d'Escarbagnas.
   amuïssement du -l final dans -el ou -ell [è]: Brenel, Lourmel et Carhel; la graphie est parfois conforme à cette prononciation: le Padè, "padel" en 1566, Bolhet, "Bollohel" au XIe siècle et "bolhel" en 1658. Toutefois, la variante [boulaye] est sans doute due à une analogie fautive avec la Boulaie [laboulaye]. Cotret, "coterel" en 1543, Trigodet, "tregodel" en 1404; de même, la prononciation dialectale du nom de famille Couëdel est toujours [kodè] à Bouvron, et le toponyme Couëdel en Saint-Just d'Ille-et-Vilaine est [kwédè].
  amuissement du -c final ou -t final, après -i-: d'où Codrosy [kodrozi] noté "Coetrosic" en 1222, le Lanis [lelani].
   amuissement de -r final, Couemeur [kouémeu], "couëmur" en 1575.
 nasalisation devant n ou m: Brenel [brin-nè], Beaumard [bonmar], Melneuf [min-leu], Couemeleu [couémené]; cette dernière forme phonétique rappelle celle de Pleumeleuc en Monfort "Pleu m'neu".
   diphtongaison de -an final et -au final: Crand [crin-éou], Trélan [teurlin-ou] en Avessac, Calan [calan-ou] en Bouvron, Coidelan [codlan-ou], Tiffault [letifâou], Bodiau [bodyâou].
   formation d'un yod à partir d'un -e- en hiatus: Bercéan [bèrsiyan], Tréan [tréyan], Coispéan [couapyan], Cotias [cotya] écrit "Cozthéas" au XIe siècle.
  palatalisation de l dans les groupes -cl-: Clégreux [siégreu], -gl- le Pengliaud [lepin-yô], pl-: Plessé [pyèsseu].
   métathèse de bre en ber et de tre en ter: Bercéan [bèrsiyan] de Brécéan, Brénugat [bèrnuga], Trégouet [teurouè], Trelan [teurlan-ou].
   simplification de Coue- en [co]; la graphie est fidèle à la prononciation pour le Codereau, Codrosy et Trigodet, ce n'est pas le cas pour Coëdros [kodro], Coisnauté [konyoté] et Couédé [codé]
   Enfin, on notera la prononciation diphtonguée de la finale -io dans Bodio que l'on pourrait mettre en rapport avec celle de Suscinio [sussinyâou] en Morbihan.
 
 
 
 
SIXIÈME PARTIE
 
 
ANCIEN BRETON et TOPONYMIE
en LOIRE-ATLANTIQUE
 
 
Les toponymes bretons de notre région représentent des formes du vieux ou du moyen breton, mais qui ont pu subir l'influence du dialecte roman qui a succédé au breton.
Les communes citées correspondent aux 35 communes étudiées dans la thèse publiée sous le titre Noms de lieux et itinéraires anciens en Loire-Atlantique (voir le site du même auteur Chemins romains et templiers en Loire-Atlantique).
 
 
Avessac 
BEAUMELAS [bômelâ] village. Pourrait être un composé de bot "buisson", "abri, demeure" et du nom de saint Meréal ou Meloir.
BERCÉAN [bèrsiyan] lieu-dit. Nom issu de la métathèse de Brécéan; composé de bré synonyme de bran "colline" et peut-être du nom propre Séhan.
BERRULÉ [bèrulé] village sur une pente dominant un petit affluent de la Vilaine. Peut être un composé de bot "buisson", "abri, demeure" et du nom de saint Ruelin.
GAUMAIN composé de maen "pierre" .
PAINFAUT Le site est remarquable; il s'agit d'une longue pointe de terre longée par la Vilaine, cernée de marais. De pen "pointe, extrémité".
PENHOUEDEAUX De pen "pointe, extrémité"
PENHOUET De pen "pointe, extrémité"
POUDUC, village en bordure de ruisseau. De poull ou poul "mare, fosse", du vieux breton pul.
ROHAN [rôan] village, non loin du lieu appelé la Rochelle. Diminutif de roh "roche, rocher".
TRELAN (Pré de) [prédeteurlin-ou] lieu-dit. Peut-être un composé de lan "lande".
 
 
Besné
BRAMBU [branbu] lieu habité dominant légèrement des marais. 1624 "village de branbu". De bran "colline" et peut-être de bu "boeuf".
 
Blain
MESPRAS [mèpra] village. 1296 "au grant fossé qui vait devers Amesperac d'une part" (d'après des copies de 1457 et 1579), 1540 "villaige de mesprac", 1678 "de Mesprat", 1687 "village de Mespra". La mention de 1296 est peu sûre; celle de 1540 suggère un nom de domaine gallo-romain en -acum. Sinon, on rapprochera ce toponyme des Le Mesprat des Côtes-d'Armor et Finistère. De mes "gran champ" et prat "pré" emprunté au latin pratum.
le TRELANT, lieu-dit. 1678 "de treslan". Peut-être un composé de lan "lande".
 
Bouée
ROHARS [rôar] village, ancien port sur la Loire. 1211 "et unu(m) pratu(m) ad rohart"; 1224 ou 1234 "una(m) dictam p()ti ap(ud) rahart sita(m)"; 1440 "a Rohart"; 1534 "de Rohard". Si le premier élément paraît être roh "rocher, pierre", le deuxième élément laisse perplexe; on peut penser au vannetais harh de garz "haie" ou à ard "élevé" si l'on accepte l'adjectif postposé.
 
Bouvron
BOUDAZIN [boudazin-ye] village. 1418 "le village de boudazen", 1463 "Jehan de boudazen ... demourant pour present ou herbregement de boudazen ... led. de bodazen", 1464 "de bodazain", 1466 "Jehan de boudazain ... la tenue de boudazain ouquel le dit Jehan de boudazain demoure", 1467 "le herbregement de bodazain", 1469 "village de bodazen", 1639 "Bodazain", 1675 "boudasain", 1745 "Boudazin". Composé de bod "buisson" "demeure, abri" et azen "âne".
BY [bi]  lieu dit, dans le toponyme le Pré de By,"du pré de by ... estant en façon de triangle qui a sa closture du toutes parts fors vis à vis du pre au prebtre" en 1670. bil "hauteur" ou biz "doigt, pointe".
CALAN [calan-ou] village. 1397 "la prée de Calon", 1414 "village de callon", 1463 "a calan", 1464 "la meson Jehn yuer de callon", 1467 "en la tenue de calan", 1469 "les boays de kalan (...) de callon", 1596 "uillaige de callen", Probable composé de kall "roche" et lan "lande".
 
Campbon
BOCQUEHAN [bocan] village. 1450 "De vous noble et puissant signeur Mon Sr de Maurre ……… gilles de la guerche Sr de bocahan congnois confesse et aduoue tenir de vous mond Sr à fouy homaige et a Rachat quand le cas y aduient en vos fiez et signourie en la proaisse de boueron ... grand Seuve ...  cambon", 1502 "de boucahan", 1565 "de bochan (...) boquehan (...) seigneurye de bocquehan", 1678 "de Boquehan (...) de Bochan". Peut-être un composé de bot "buisson", "abri, demeure".
COISLIN [kouâlin] château en zone de marais; XIIIe siècle "super rivum Endevrii (...) in viam de Coillin descendit", 1446 "Guy de la Muce, seigr de Coeslin", 1466 "de coeslin", 1493 "de coelin". Si on le rapproche de Coslin en Limerzel, on peut voir un composé coh, coz "vieux" et lenn "étang"; à moins d'un composé en coet "bois". La terre de Coislin érigée en duché est devenue le nom d'une famille que l'on retrouve sans doute dans la bosse de Coislin en Plessé.
FOUSSOC [foussô] village situé entre deux petits ruisseaux."village de fosso" en 1497, "villaige de foussoc" en 1561. Probablement de foz "fosse, creux".
 HÉLIN
Donges
le haut LIN [leôlin] village en bordure de marais. Du vieux breton lin "lac, étang" ou bien équivalent du gallois llain "étroite bande de terre".
 
Drefféac
BOLAND [bolan] village. 1444 "fie de bollan", 1459 "fe de bolen", 1502 "de boslan", 1543 "de bollan (...) villaige", 1688 "mestairie de boslan (...) de bauslan". Pourrait être un composé de bod "buisson, abri" ou de bos d'un bas-latin boscum "bois", et de lan "lande, ajonc".
COIFFY [couafi] village. 1688 "du coiffy". Composé de couet "bois".
COIMARYE, village. Peut-être composé de couet "bois".
 
Fay-de-Bretagne
COUËDEL, anthroponyme présent dans les toponymes suivants: le Clos Couëdel [lesyoukôdè], le Pré à Couëdel, propriété de G. Couëdel au XIXe siècle, et la Croix Couëdel. La famille Couëdel est attestée à Fay dès 1467; on la retrouve dans le secteur de ces toponymes au XVIIe siècle à la Richardais, et au XVIIIe siècle à Parignac. Cette famille tire son nom d'un toponyme qui peut être l'un des quatre suivants: Couédé en Saint-Gildas-des-Bois, Couëdé en Massérac, les deux en Loire-Atlantique, Couëdel en Pluherlin (Morbihan) ou Couëdel en Saint-Just (Ille-et-Vilaine).
 
Fégréac
COISNAUTÉ [kôniôté] village. 1543 "de coessnauté" (transcription mal assurée". Peut-être composé de coet "bois" et d'un hypothétique *neautée.
LEMENET [lemne] marais au pied des coteaux dominant l'Isar, non loin du Thénot; pourrait être une variante de Le Mené, un forme vannetaise de ménez "hauteur" et désigner la  hauteur dominant le marais.
PENHOUET De pen "pointe, extrémité"; un anthroponyme n'est pas non plus à exclure.
le THÉNOT [letnô], village dominant l'Isar. Téno au sens de "vallée" serait la forme non évoluée, propre au vannetais, de Traon.
TRÉGRAND village. De cran "terre inculte pleine de racines et de fougères". 
 
la Grigonnais
CRAND [crin-ou] lieu habité. 1679 "le lieu de cran". De cran "terre inculte pleine de racines et de fougères".
 
Guenrouët
BODELEAU [bodlô] village. 1575 "fie de bodelo", 1627 "lande de bodello", 1678 "village de bodelo". Peut-être un pluriel de bod "buisson" avec le suffixe diminutif -ell.
BOLHET [bolhê] et [bôlaye] lieu habité et chapelle. XIe siècle "noa quae in exitu grangia de Bollohel", 1155-70 "donationem de Bolohel", 1179 "grangiam de Bollohel", 1455 "bolehel", 1467 "tenue de bolhel", 1471 "de boulhel", 1565 "juridiction de bolhet". Ancienne fondation de l'abbaye de Buzay. L'origine bretonne de ce nom n'est aucunement assurée. Faut-il envisager un composé de bos- "buisson", "demeure, abri" ?
BRIMBILY [brinbili] lieu habité sur un vaste terrain plat, avec une faible pente s'arrêtant à un petit cours d'eau. De bren synonyme de bran "colline", mais la topographie semble contredire cette interprétation, et peut-être du nom de famille Bily.
CODEREAU composé de couet "bois" et roh "roche", le "bois de la roche".
COEMELEU composé de couet "bois" 
GUENROUET [guin-reu] et [guin-rouête]; [guin-rê] jusqu'aux années 1930, prononciation que confirme l'historien régional Prevel au XIXe siècle qui écrit "Les paysans prononcent Guen-ret sans faire sentir de t final". 1090 "Ecclesia de Guenruth" "Parrochia de Guenrut", XIIe siècle "Guenreth", 1287 "Guenret", 1378 "Guenroet", 1404 "Guenrouet (...) guenroet", 1407 "guenroit", 1429 "guenrouet", 1444 "de guenroitt", 1470 "guenroit", 1551 "guenroit". Un document des XIe-XIIe siècles donne la forme probable suivante "guenruect". Si l'on considère les graphies des XIIe et XIIIe siècles, ainsi que la prononciation dialectale, on rapprochera la finale -rouet, ancien -ret, de red "cours d'eau" à l'origine du nom Glanret en Guichen qui s'écrivait Glanroet au XIVe siècle. Or, c'est précisément à la fin du XIVe siècle qu'est apparue la finale -oet de Guenrouet, puis Guenrouet en 1404 qui est parvenue jusqu'à nous, tandis que la prononciation dialectale paraît bien fidèle à la forme d'origine. Quant à Guen-, son sens n'est pas obscur en soi, mais soulève quelques questions. De gwenn "blanc" ou bien "favorable". Ce serait le cours d'eau au fond blanc de sable ou le cours d'eau favorable.
PÉNAZIN De pen "pointe, extrémité"
PESLAN [pélan-ou] 1429 "de pelan (...) de peslen", 1464 "village de pellen", 1541 "de peslan". De pen "pointe, extrémité" par assimilation, et lan "lande".
TRIGODET [trigôdè] village. Comme ce village est situé à la limite de Saint-Gildas-des-Bois, pourrait être  l'ancienne Villa Codel du XIIIe siècle, si ce n'est Couédé, d'autant que les mentions sont anciennes 1404, 1429 et 1474 "tregodel", 1627 "tregodet (...) trigodet". Composé de Tre et Couedel ou Codel, soit "petit bois", soit le nom de famille.
 
Plessé
le BODAN [lebôdan] lieu-dit. 1622 "le bodan". Peut-être un singulatif de bod "buisson", "abri, demeure".
BODOUAN [bodouan] lieu habité. 1577 "metayrye de bodouan", 1645 "landes de bodouan". De bod- "buisson" et peut-être oan "agneau".
BRAMBI  [branbi] lieu-dit dominant un ruisseau. Composé de bran "colline" et biz "doigt, pointe" ou bil "hauteur".
le BRAN [lebran] lieu-dit sur une hauteur dominant un ruisseau. 1429 "du bran", 1485 "village du bran". Le village, attesté encore en 1660, n'existe plus. Nom fréquent dans la toponymie vannetaise et de Haute-Bretagne; bran "colline".
CALAN [calan] villages des Haut et Bas Calan. 1429 "du hault Kalan (...) de calan", 1449 "le douet de calan", 1485 "lande de callan". Probable composé de kall "roche" et lan "lande".
CALETRÉ [kalètreu] village. XVIIIe siècle "Caletrait". Peut-être de kailastre" silex".
COIBIC [couabi] bois dominant deux cours d'eau. "métairie noble de Coisquebit" en 1645, "Couesqueby (...) Quoiqueby" en 1661. Faut-il le rapprocher de Brambi ? Composé de couet "bois" et biz "pointe" ou bil "hauteur" : le "bois de la pointe" ou le "bois de la bosse"
COUASMÉ [kouâmeu] lieu habité, pré et bois; de mes, mez "grand champ sans clôture" rappelant  les Coat-mé, Coat-Mez et Coatmez du Finistère "bois du grand champ". La chute du -t final de coet à dû entraîner l'allongement compensatoire de la voyelle précédente, ce que marquerait la présence du -s-.
le MENÊT [lémenè] lieu-dit qui pourrait être une variante du toponyme Le Mené, une forme vannetaise de ménez "hauteur": ou bien de Le Menec, Le Meneuc "endroit pierreux". Le -c final tombé, la finale aurait été réinterprétée et refaite d'après le diminutif français -et. On ne peut exclure une forme comme Les Menets et peut-être un anthroponyme.
MÉNÉZIN [mnézin] et [mézin-ye] lieu-dit qui pourrait être issu de Ménès, Ménez "hauteur, région montagneuse", mais le deuxième élément reste à déterminer; ou bien un composé de  maen, men "pierre" et de azen "âne".
PAIMBÉ [pinbè] lieu habité sur un sommet de colline. 1679 "de paimbé". De pen, penn "bout, extrémité"; le deuxième élément pourrait être bek ou beg signifiant "bec, pointe" ou bel "combat" ou encore bez "tombe". Semble rappeler la pointe de Pen Bé en Pénestin.
PAINFANT [penfin-ou] lieu habité; peut-être composé de pen "bout, extrémité".
PAINPEAU [pinpo] lieu-dit bien attesté dans les archives: 1469 "de pampotz", 1484 "tenue de pampoz", 1492 "tenue de penpotz", 1529" "tenue de pempoz". Difficile d'y voir une variante des Pen-pol et Pen-pol.
PESLAN [pélan-ou] village. 1429 "de pelan (...) de peslen", 1464 "village de pellen", 1541 "de peslan". Composé de pen "bout, pointe, extrémité" et de lan "lande".
PINFOUX De pen "pointe, extrémité".
le QUILLOU [lekiyou] lieu habité. Peut-être d'après un nom de famille.
le QUIOU [[lekiyou] lieu-dit.
TOULAN [toulin-ou] village sur une petite pente dominant un ruisseau. 1557 "la bocze de toullan", 1661 "Toulan", 1671 "village de Touslan". De toul, toull "trou, dépression" et lan "lande".
TRÉLAN [trélan] village. XIIIe s. "Villa Trelan", 1404 "village de trellan", 1429 "la chapelle de trelan (...) de treslan", 1619 "Treslan". Composé de lan "lande" ou "lieu consacré".
 
Pontchâteau
BEAUMARD [bonmar] village. Peut-être composé de bod, bot "buisson", "abri" ou du bas-latin boscum.
BRENEL [brin-nè] village sur une pente faible dominant le jonction de deux cours d'eau. 1567 "frarye de brenel", 1671 "de bresnuel". Ce nom rappelle Brénolo dans le Morbihan; composé de bré synonyme de bran "colline" et peut-être du suffixe diminutif -ell.
CODROSY [côdrôzi] lieu habité et siège d'une ancienne seigneurie dominant le Brivet. 1222 "et super campum de uinea de Coetrosic" "Coidrosic", 1458 "de coedrozic", 1681 "de Couëdrosic (...) codrosy". De rosic diminutif de ros "promontoire, tertre": le "bois du petit tertre". Ce nom fait référence au Petit Coedros dont il n'est guère éloigné ou bien cherche à se distinguer de l'autre seigneurie de Coëdros.
COËDROS [kôdrô] village et siège d'une ancienne seigneurie sur une hauteur dominant le Brivet; 1466 "seigneur de coidros", 1567 "le dommaine de couedros (...) du grand couedros"; plus au sud-ouest existe aussi le PETIT COEDROS [lepeticôdrô] 1675 "du petit Coüedros". Composé de couet "bois" et ros "tertre": le "bois du tertre".
COIDELAN [kodlan-ou] lieu habité; rappelle Coadélan des Côtes-d'Armor et les Coatélan du Finistère, sans doute composés de coat, coet "bois" avec double suffixe.
KERGUILY [kèrguili] lieu-dit. Comme ne se trouve aucune mention ancienne et que la forme Ker est récente dans la région, l'on peut supposer un nom récent. Toutefois, un document de 1567 mentionne le "village de treguilly".
 
Quilly
le CALLAN [lekalan] et [calan] lieu habité. 1668 "le pré de Calan". Probable composé de kall "roche" et lan "lande".
le GRÉLAN [legrélan] lieu-dit. 1694 "fief du Greslan"; pourrait être une variante de Grellen du Morbihan, dérivé de grell " gros sable" en vannetais.
QUILLY [kili] bourg. 1166 "Rollandus de Quilly", 1147-1184 "b(er)nard(us) capellan(us) de q(u)illi", 1347 "le chemin (...) de quili a la ville de saven(ay)", 1467 "Quily", 1486 "de quilli", 1571 "bourgc de quilyc". quilli, quilly "bocage, bosquet".
 
Saint-Gildas-des-Bois
BEAUFROMET village. 1217 "super Bot fermel", 1575 "village de boffremel", 1679 "village de boffromet", 1689 "village de Beaufromet". À rapprocher sans doute de Trefumel en Côtes-d'Armor, écrit Trefermel en 1187. De bot "buisson", "abri, demeure".
le BODAN [lebôdan] lieu-dit. 1575 "du bodant", 1685 "domaine du Bodan". Pourrait être un singulatif de bod "buisson, abri, demeure".
BRÉNUGAT [bèrnugâ] lieu-dit appelé aussi Les Buttes de Brénugat. De bré- ou bren- "colline"; à rapprocher de Bernugat en Lizio (Morbihan) et peut-être de Lannugat en Ploaré (Finistère).
COICRAN lieu habité. Composé de couet "bois" et de crann "terre inculte pleine de racines et de fougères". le "bois des broussailles".  Rappelle Coet-Crann du Morbihan.
COUÉDÉ [kôdé] village. Pourrait être la "Villa Codel" mentionnée au XIIIe siècle. De coet, couet "bois, forêt" avec le suffixe diminutif -ell.
LANGÂTRE [langâtre] village. De lan, lann "lande, ajonc" ou "lieu consacré".
LAN-PRIDIC Nom disparu aujourd'hui qui ne se rencontre qu'anciennement: 1026 "Ego Semois [...] in loco que vocatur Lan-pridic, in honore dei omnipotentis abati Gildasii confessoris", XIe siècle "Villa propria S. Gildasii quae vocatur Lan-pridic". En ce lieu fut bâtie l'abbaye de Saint-Gildas, non loin de Langâtre; les deux sens de lan, lann "lande, ajonc" et "lieu consacré" sont possibles.
 
Saint-Nicolas-de-Redon
CODILO [kodilô], marais, mentionné sous la forme "le pré de Codelo" sur le cadastre". Pourrait être un  nom de famille, variante des Coidello du Morbihan,  pluriel de coidel, couedel "petit bois".
ROTZ, apparaît dans le nom LA COUR DE ROTZ [lacourderô], lieu habité dominant un affluent de la Vilaine. Attesté dès 1136 "Ego, inquid, Guillelmus, filius Justini, de vico qui vocatur Ros"; 1573 "frarie de roozguifeleuc (?) aud village de ror (?)". De ros "tertre, colline".
 
Sainte-Anne-sur-Brivet
COTRET [kôtrè] village. 1543 "a coterel", 1545 "vilaige de coterel", 1561 "a cotherel", 1681 "Cotterel". Pourrait être un composé de coet "bois" et d'un nom d'homme, variante de Harel apparaissant dans Coatarel des Côtes-d'Armor.
TRELLAND [trélan] village proche de la chapelle St-Lomer. 1239 "in feodio de Trelan (?)", 1561 "villaige de  trellen", 1660 "de Trellan". Composé de lan "lande" ou "lieu consacré".
 
Savenay
COIBIC Lieu attesté par les seules arches; ce pourrait être un ancien fief de Bouée, jadis trève de Savenay. "de Couaibit" en 1469, "de Coibic" en 1608, "de couebic" en 1621. Ce nom rappelle Coëtby en Grand-Champ et Le Bois-By de Carentoir en Morbihan.
le COUEDRO [lecouédrô] lieu habité. 1565 "dame de Couedros", 1583 "mestairie de malabry dict Coetdros en la seigneurie de Sauenay pres donges", 1605 "Couedros". De ros "promontoire". 
PENHOUET De pen "pointe, extrémité"
 
Sévérac
BRANLEIX village tout en longueur sur un sommet dominant la jonction de l'Isar avec l'un de ses affluents; composé de bran "colline"
BRIMBILY [brinbili] lieu habité sur une pente dominant un affluent de l'Isar; peut-être un composé de bran "colline" et bili "vallée où il y a de petits cailloux", ou bien à partir d'un nom de famille.
COISPEAN. De coet "bois" et Pean
le FOZO [lefôzô] village situé sur une hauteur dominant deux vallées. "villaige du fozo" en 1580. De foz, fozou "fosse, creux".  
le LANIS [lelani] marais. Ce pourrait être un diminutif de lan, lann "lande, ajonc", fréquent en Bretagne; toutefois, curieux pour désigner un marais.
 
Vay 
CLEGREUC [siégreu] [klégreuye] lieu habité. 1679 "le moulin de clegreul (...) de clegreuc"; forme haut-bretonne de Cléguérec "endroit rocheux" dérivé de kleger pluriel de klog "rocher".
 
( en cours de réalisation )
 
 
Copyright Hervé Tremblay 

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